ACTE l'IlEMIEIl
LBTESTARD.
Vous m'en demandez trop. Elles n'ont pas beaucoup parlé... elles sont intimidées et inquiètes de ce qu'on va leur faire... Qu'eflt-ce que vous lisiez-là? Une revue norvégienne?
MENKJER.
Oui, il y a un article que j'ai apporté pour M. Soindres.
LETESTARD.
On parle du patron là-dedans?
MENKJER.
Oui, c'est une étude très complète, très intéressante sur ses ouvrages, mais il y est surtout question de son dernier livre : Prophylaxie et Thérapeutique des passions.
Il lui tend la revue.
LETESTARD.
Oh! moi, je ne comprends pas le norvégien. Est-ce qu'on en dit du bien?
MENKJER.
Beaucoup de bien, c'est un bel article.
LETESTARD.
Tant mieiLx! Le patron sera content. Il faut tout dire : il a écrit là un livre admirable et qui le place à la tête de la nouvelle école scientifique. Ce n'est pas votre avis?
MENKJER.
Oh ! tout à fait. En France, vous aimez bien qu'on soit à la tête.
LETESTARD.
Pas du tout, mais je suis content que mon maître soit le premier. Il faut que j'aille voir ce que font les
petites. (Il sort par la porte du fond. On entend une txclanialion et le
bruit de quelqu'un qui se précipite. Cependant Menkjer a repris sa lecture Quelques secondes, puis Letestard rentre avec Louise et Charlotte. Ce sont deux jeunes filles assez jolies, grâce parisienne, chic montmartrois. Elle» paraissent hésiter sur le seuil de la porte.) AllonS, entrez, mesde^
moiselles... entrez donc!