ACTE DEL'XIÈME
SUZANNE
Ah! bien.
CÉCILE
... M. Galbrun est venu me voir... il ne voulait pas que je le reçoive.
Vous l'avez reçu ?
CÉCILE
Oui; alors M. Soindres s'est assis dans un coin, n'a plus dit un mot; il faisait une tête de l'autre monde... si bien que M. Galbrun s'en est aperçu et, se doutant de quelque chose...
SUZANNE
Il a prolongé sa visite...
CÉCILE
Non, au contraire, il a mis à vouloir se retirer une discrétion éclatante, et il a bu son thé avec une telle hâte qu'il s'est horriblement brûlé.
SUZANNE
Lui aussi?
CÉCILE
Lorsqu'il fut parti, je me suis permis, ma chère, de faire à M. Soindres une observation sur son attitude... oh! très doucement, très... doucement, je vous assure.
SUZANNE
Je m'en rapporte à vous, Cécile.
CÉCILE
11 l'a très mal prise... Sur ces entrefaites, vous êtes arrivée.
SUZANNE
11 est parti.
Voilà. Maintenant, il reviendra, ou il ne reviendra pas... à son aise, c'est son affaire, ça le regarde; mais il reviendra.
SrZ.VNNE.
J'en ai peur... Et, s'il revient, qu'est-ceque vouslui direz?
CÉCILE
Ce que j'allais lui dire quand Galbrun est entré, et que sa conduite me décide encore davantage à lui dire. Je lui ferai comprendre que j e ne suis pas du tout une femme pour lui et que nous devons être deux bons et braves amis. Vous aviez raison. Il serait dî ngereux de l'encourager. D'abord il souffrirait et ensuite il deviendrait insupportable. Il n'y aurait plus moyen de faire un geste, de dire une parole, de voir ses amis. Non, non, non, non, non, pas de ça, pas de ça!0 sainte liberté ! Et maintenant, après une alarme aussi chaude, nous allons monter au Bois... nous ferons le tour des lacs... pour m'étourdir!... Je vais m'apprêter... Vous m'attendez là?
SLZA.NNE.
Oui... oui...
Cécile sort, Suzanne re^le seule en scène. Le rideau tombe.
Rideau.