ACTE QUATRIÈME
GABRIELLE
Non, j'ai pris sur moi; d'ailleurs, j'ai déjeuné à la kâte et je ne lui ai pas adressé la parole. Mais reconnaissez que vous avez eu là une idée baroque.
BOISDUGAND.
Je ne vous dis pas... Ah ! quand l'imagination se met à galoper, elle ne connaît plus de limites.
GABRIELLE
C'est pour ça que vous écrivez un livre intitulé : tfis Limites de l'imagination!
Cependant un domestique a apporte des lettres. BOISDUGAND.
Ah! le facteur est arrivé?
Il dépouille le courrier.
GABRIELLE
Mais tout cela ne nous donne pas l'explication de cette échelle. J'ai mon idée...
BOISDUGAND.
Je ne la connais pas votre idée; mais je vous conseille de vous en défier. Il est si facile de s'égarer... nous venons d'en avoir la preuve.
Pourtant vous dites que c'est quelqu'un qui habite la maison. Procédons par éliminations, et puisque ce û'est pas Raymond....
BOISDUGAND.
Eh bien?
GABRIELLE
Eh bien, c'est M. Soindres; vous de^Tiez lui parler.
BOISDUGAND.
Oh! chère amie, c'est très grave, c'est très délicat. J'ai pu interroger Raymond, c'est mon fils... Mais je
ne peux pas interroger M. Soindres. D'abord, il ne dirait rien. Ce n'est pas son secret à lui seul ; il y a une femme, c'est très grave, très délicat...
G ABRI ELLE
Et si je parlais à Mlle Motreff?
B0I9DUGAND.
A Suzanne? Si vous m'en croyez, ne parlez à personne. Et puis, pourquoi à Suzanne plutôt qu'à Cécile? Dame! non, non, gardons tout cela par devers nous; nous sommes avertis... observons... attendons. Qu'estce que vous comptez faire maintenant?
GABRIELLE
Je vais d'abord dire à R'aymond ce que je pense de sa conduite.
Vous n'êtes pas pressée... vous avez tout le temps... Remontez chez vous vous habiller. Moi, je vais m'entretenir encore avec François et je vous rejoins. Nous causerons de tout cela, (a Soindres qui est entré.) Ah ! bonjour, cher ami. Comment êtes-vous ce matin?
SOINDRES.
Mais très bien, je vous remercie.
BOISDUGAND.
J'ai reçu de Leipzig une lettre qui vous intéresse, c'est une lettre de ce jeune Arthegen dont je vous ai parlé : il m'envoie enfin les renseignements nécessaires pour notre travail, de sorte que, maintenant, nous ne serons pas arrêtés.
SOINDRES.
Alors nous travaillons ce matin.
BOISDUGANF.
Non, je ne me sens pas en train, et puis j'ai rendez-