‹ ThéâtreChapitre 23 sur 115 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LA NOURRICE

Le chemin ? Ma foi non ; je ne sais pas le chemin. Je n'ai jamais su le chemin ; croyez- vous que je sache tous les chemins ? Vous avez voulu aller à Ysselmonde; moi^ je vous ai suivie; et voilà où nous en sommes depuis douze heures que vous me promenez dans cette forêt^ où nous allons mourir de faim^ à moins que nous ne soyons dévorées par les ours et les sangliers ; et tout cela pour aller à Ysselmonde où vous serez bien reçue par le prince Hjalmar quand il vous verra venir^ la peau sur les os^ pâle comme une fille de cire et pauvre comme une qui n'a rien du tout.

MALEINE

Des hommes !

LA NOURRICK.

N'ayez pas peur ? mettez-vous derrière moi.

Entrent trois pauvres.

LES PAUVRES

JBonsoir !

LA NOURRICE

Bonsoir ! où sommes-nous ?

PREMIER PAUVRE

Dans la forêt.

34 LA PRINXESSK MALEINE

DEUXIÈME PAUVRE

Que faites-vous ici ?

LA NOURRICE

Nous sommes perdues.

DEUXIÈME PAUVRE

Vous êtes seules ?

Oui — non^ nous sommes ici avec deux, hommes.

DEUXIÈME PAUVRE

Où sont-ils ?

LA NOURRICE

Ils cherchent le chemin.

DEUXIÈME PAUVRE

Est-ce qu^ils sont loin ?

LA NOURRICE

Non^ ils vont revenir.

DEUXIÈME PAUVRE

Quelle est cette petite? c*est votre fille ?

LA NOURRICE

Oui^ c^cst ma fille.

DEUXIÈME PAUVRE

Elle ne dit rien ; est-ce qu'elle est muette ?'

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