SCENE I
Une partie du jardin.
Entre le prince Hjalmar.
HJALMAR.
Elle me suit comme un chien. Elle était à une fenêtre de la tour ; elle m*a vu passer le pont du jardin et voilà qu^elle arrive au bout de l'allée!—- Je m'en vais.
Il sort. — Entre la reine Anne.
ANNE
Il me fuit et je crois qu'il a des soupçons. Je ne veux pas attendre plus longtemps. Ce poison traînera jusqu'au jugement dernier ! Je ne puis plus me fier à personne ; et je crois que le roi devient fou. Il faut que je l'aie tout le temps sous les yeux. Il erre autour de la chambre de
I04 LA P&IXCESSE MALEIXE
Maleine, et je crois qu'il voudrait l'avertir. — J'ai pris la clef de cette chambre. H est temps d'en finir ! — Ah ! voici la nourrice. Elle est toujours chez la petite, il faudrait l'éloigner aujourd'hui. Bonjour, nourrice.
Entre lanoorrioe.
LA NOURRICE
Bonjour, bonjour. Madame.
ANNE
Il fait beau, n'est-ce pas, nourrice ?
LA NOURRICE
Oui, Madame ; un peu chaud peut-être ; un peu trop chaud pour la saison.
ANNE
Ce sont les derniers jours de soleil ; il faut en profiter.
LA NOURRICE
Je n'ai plus eu le temps de venir au jardin depuis que Maleine est malade.
ANNE
Est-ce qu'elle va mieux ?
Oui, un peu mieux peut-être ; mais toujours faible, faible I et pâle, pâle î