‹ ThéâtreChapitre 69 sur 115 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

j'appelle^ personne ne me répond, 11 est arrivé quelque chose au château... Je n'ai pas entendu un seul bruit aujourd'hui; on dirait qu'il est habité par des morts, — Où es-tu mon pauvre chien noir? Est-ce que tu vas m^abandonner aussi ? — OtL es-tu, mon pauvre Pluton ? — Je ne puis te voir dans Fobscurité ; tu es aussi noir que ma chambre. — Est-ce toi que je vois dans le coin ? — Mais ce sont tes yeux qui luisent dans le coin 1 Mais ferme les yeux pour l'amour de Dieu!

Ici Pluton! Ici Pluton! ici commence l'ûfage.^Est-Ce toi

que j'ai vu trembler dans le coin ? — Mais je n'ai jamais vu trembler ainsi ! Il fait trembler tous les meubles 1 — As-tu vu quelque chose ? — Réponds* moi, mon pauvre Pluton! Y a-t-il quelqu'un dans la chambre? Viens icij Plutoii; vienS; ici ! — Mais viens près de moi^ dans mon lit ! — Mais tu trembles à mourir dans ce coin ! Elle se lév*

et va vers Je rhien qui reeule et Rfl cache aoua un meuble. - — OÛ

es-tu^ mon pauvre Pluton î — Ohî tes yeux sont en feu maintenant, — Mais pourquoi as- tu peur de moi cette nuit ? Elle i* retaiîcho. — Si je pouvais m'endormir un moment.,. — Mon Dieu l Mon Dieu ! comme je suis malade î Et je ne sais pas ce que j'ai; — et personne ne sait ce que j'ai ; le médecin ne sait pas ce que j'ai ; ma nourrice ne sait pas ce que j'ai; Hjalmar ne sait pas ce que

j*ai... IcLkvemaghe les rideaux du ïit. Ah I OD tOUChc aUX

rideaux de mon lit! Qui est-ce qui touche aux rideaux de mon lit ? Il y a quelqu^un dans ma chambre ? — Il doit y avoir quelqu^un dans ma

chambre ? — Oh ! voilà la lune qui entre dans ma chambre ! — Mais qu'est-ce que cette ombre sur la tapisserie ? — Je crois que le crucifix balance sur le mur ! Qui est-ce qui touche au crucifix ? Mon Dieu ! mon Dieu ! je ne puis plus rester ici I

Elle se lève et va vers la porte qu'elle essaye d'ouvrir. — Ils m'ont-

enfermée dans ma chambre ! — Ouvrez-moi pour Tamour de Dieu ! Il y a quelque chose dans ma chambre ! — Je vais mourir si l'on me laisse ici 1 Nourrice ! nourrice 1 où es-tu? Hjalmar ! Hjalmar!

Hjalmar! où êteS-VOUS? Elle revient vers le lit. — Je

n'ose plus sortir de mon lit. — Je vais me tourner de l'autre côté. — Je ne verrai plus ce qu'il

y a sur le mur. ici des vêtements blancs, placés sur un prie-Dieu, sont agités lentement par le vent. — Ah ! il y a quclqu'uit sur le prie-Dieu ! Elle se tourne de l'autre côté. — Ah !

l'ombre est encore sur le mur! Eiie se retourne. — Ah ! il est encore sur le prie-Dieu ! Oh ! oh ! oh ! oh ! oh ! — Je vais essayer de fermer les yeux.

Ici on entend craquer les meubles et gémir le vent. — Oh ! oh !

oh ! qu'y a-t-il maintenant ? Il y a du bruit dans ma chambre ! EUeseiéve. — Je veux voir ce qu'il y a sur le prie-Dieu ! — J'avais peur de ma robe de noces ! Mais^ quelle est cette ombre sur la tapis-^

série ? Elle fait glisser la tapisserie. — Elle CSt SUr le mur

à présent ! Je vais boire un peu d'eau ! Eiie boit, et

dépose le verre sur un meuble. — Oh ! COmmC ils Cricilt

les roseaux de ma chambre! Et quand je marche tout parle dans ma chambre ! Je crois que c'est l'ombre du cyprès ; il y a un cyprès devant ma fenêtre. Eiie va vers la fenêtre. — Oh, la tristc chambre

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