‹ Théâtre: mystère, comédies et ballets (volume 2)Chapitre 108 sur 235 · PROLOGUES D'OUVERTURE · texte numérisé non relu

PROLOGUES D'OUVERTURE

Flûtes, cors, violons, feront rage à l'orchestjpe;

La Muse à talons hauts et la muse pédestre,

L'une avec son péplum dans le marbre sculpté,

L'autre avec son jupon changeant et pailleté,

Ensemble, ou tour à tour, sérieuse ou fantasque,

Montreront la pâleur ou le fard de leur masque.

Chez nous les dieux de l'art auront des trônes d'or ;

Mais, nous livrons l'azur à tout puissant essor,

Et le jeune poète, éclairé par leur gloire,

Prendra place à leurs- pieds sur les marches d'ivoire.

L'Odéon, temple ouvert à tous les immortels,

Même aux dieux étrangers dressera des autels.

Le génie est pareil, si la langue est diverse,

Astre à demi voilé, l'idée éclate et aperce

Sous le nuage gris de la traduction :

Pour juger de l'étoile il suffit d'un rayon.

Quand on entend Molière, et Corneille, et Racine,

Caldéron se comprend, Shakspeare se devine.

poètes sacrés, ô maîtres souverains,

S'il reste encore au fond de vos riches écrins

Une perle oubliée, une -pierre enfouie,

Nous la ferons briller sur la foule éblouie;

Sans redouter Yhéîas ! sans craindre le holà !

Après YÀgésilas nous jouerons Y Attila..

Pour nous l'auteur du Gid vit dans toutes ses pièces,

Et Rotrou, délaissé, tente nos hardiesses.

l'esprit chagrin. \

Tout cela serait bon dans un pays connu,

Mais aucun Mungo-Park ici n'est parvenu ;

La carte vous relègue aux zones chimériques.

j'ai vu des gens chercheurs et trouveurs d'Amériques, *

Qui, l'on ne sait comment, allaient on ne sait où,

Au Kamtchatka, dans l'Inde, au diable, à Tomboùclou;

Vais je n'en ai pas vu, quel que soit leur courage,

Capables de tenter ce périlleux voyage.

L'on part pour l'Odéon tout jeune, et, dan* l>aris,

L'on retourne vieillard avec des cheveux gria .

11 vous faut un railway pour vous rendre probable*

ME PIKICTEU*.

Vous voilà cependant.

l'ispri* chagiu*.

Ce fait invraisemblable S'explique : je demeure oà finit le ehemifi». Çtaal un naturel du faubourg Saint*Germaiu.

Lfi DIRBCtlUfc»

Remettez au oarquois ses (lèches émoussées;

Nos armes par vos traits ne seront pas faussées»

Et ne nous cribles pUis d'un sarcasme banal

Qui serait dédaigné du plus mince journal.

Qu'importent quelques pas où quelques tours de. roue?

L'Odéon n'est pas loin quand Lucres* s'j joue.

Antiyone, malgré la route et sel lenteurs,

Attirait au désert deux ni Mo spectateurs;

Et la distance k tous paraissait exiguë,

Quand au bout de la route ou trouvait la Ciguë*

Qui se plaint du chemin alors que le but plaît,

Hors les cochers de fiacre et de cabriolet !

Les Deux Mains de Gozlan, ont d 'une étreinte adroite,

Uni la rive gauche avec la rive droite,

Ayons Hugo, Dumas, Ponsard, et, j'en réponds»

Nul ne regrettera de traverser les jxmts.

Une pièce à succès, comète à longue queue»

Au centre de Paris peut mettra la banlieue.

Le théâtre est lointain, fût-il au boulevard»

Qui manque aux saintes lois du bon goût et de l'art f

D'«illeurs 9 je ne veut pas que l'autre bord se gêne,

Et me eoiiteliterai du publie indigène*

Le faubourg Saint^Germaîu a> nom- ra'aliraentér*

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