UN GARÇON DE THÉÂTRE
Monsieur, il est bientôt l'heure de commencer.
l'esprit chagrin. n Ah ! mon Dieu ! trouverai-je encore à me placer?
le directeur.
Je suis vraiment flatté de votre inquiétude ! ; *
On se place toujours dans une solitude...
Vous vous contredisez, mon cher Esprit chagrin, Mais déjà des archets j'entends grincer le crin; Les trois coups sont frappés, on va lever* la toile ; On vous verrait tout vif. Filez... comme une étoile, Sur l'affiche du jour on ne vous a pas mis.
Au public.
Maintenant, ô vous tous, ô mes meilleurs amis, Chers inconnus, public! grande âme collective, Cerveau toujours fumant oîi bout l'idée active, Maître puissant, par qui tout génie est formé; Public, sublime auteur qu'on n'a jamais nommé,
tfi 'THEATRE:
Verse une part de toi ton* * es chefs-d'œuvre à naître :
Si tu veux nous aider, il en viendra peut-être,
La nature n'a pas vidé tout son trésor,
Kt Dieu nous doit beaucoup de poètes encor. -
Patrie aux flancs féconds, sainte mère des Vtftnmc*,
Ce que furent jadis nos pères, nous le sommes,
Et ton généreux sapg, qui fit tant de vainqueurs,
N'a point perdu aa pourpre en coulant dans nos cœurs.
Soulevons le passé qui sur nosfrontsrctombe ;
Le laurier peut verdir ailleurs que sur la tombe.
Pas trop de piété pour nos illustres morts,
Ne décourageons pas de vivaces efforts.
D'un vol prompt, sur le toit, si le moineau s'élance,
L'aigle qui va planer en rampant se balance :
Le but est le soleil * le chemin l'infini,
Et l'oiseau, palpitant, hésite au bord du nid :
.Mais, quand il s'est lancé dans lèvent qui l'appelle,
Prenez garde qu'un plomb n'ensanglante son aile,
Car il est des chasseurs qui font la lâcheté
De tirer sur un aigle ivre d'immensité ! . .
fUi SU PRÛfcOGUB D ODVERTURB.