‹ Théâtre: mystère, comédies et ballets (volume 2)Chapitre 166 sur 235 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Une prison de la forteresse. Arceaux mauresques, murailles sombres bariolées de versets du Koran. Au fond, une fenêtre grillée.

Achmet, prisonnier, tâche de corrompre le gardien du cachot ; il n'y peut parvenir, tant est grande la terreur qu'inspire le caractère inflexible du pacha. Après cette tentative iuutiie, Achmet découragé laisse tomber sa tête sur sa .poitrine, car il est affreux, même pour l'homme le plus ferme, de mourir si jeune et par un si cruel supplice ; mais Léïla s'est mise sous la protection d' Achmet, elle s'est jetée au-devant du poignard qui le menaçait ; il restera inébranlable dans sa résolution, il ne là livrera pas et sacrifiera pour elle la vie qu'elle lui a sauvée. — Si du moins il avait pu emporter le bouquet magique, il appellerait, la Péri à son secours ; mais Nourmahal s'en est emparé dans sa fureur jalouse et Ta foulé aux pieds. Plus de moyen de la faire apparaître. Pendant qu'il se livre à ces tristes réflexions, le mur de la prison s'entr'ouvre % et la Péri se dresse subitement devant lui. — Viens avec moi, lui dit-elle, abandonne l'esclave ; les verrous et les grilles

s'ouvriront d'eux-mêmes pour te laisser passer. Si tu me suis, la liberté, la vie, le soleil, les trésors à pleins coffres, tout ce qu'on peut rêver de plaisirs et de bonheur, de voluptés éternelles. Si. tu restes, un supplice épouvantante, et pour qui? pour une femme, pour une simple mortelle, dont la beauté ne doit durer qu'un jour, et qui ne sera bientôt qu'une pincée de poussière. Je t'aime et je suis jalouse de cette Léïla, rends-la à son maître, qui la punira comme elle le mérite pour s'être échappée de soir sérail ; je t'emmènerai dans mon royaume féerique et je te ferai asseoir à mes côtés sur un trône de diamant. — La Péri veut s'assurer par CGtte dernière épreuve des sentiments d'Achmet, qui refuse Je bonheur et la puissance à de pareilles conditions. — Voyant qu'elle ne peut rien obtenir,* elle se retire en affectant une colère dédaigneuse.

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