‹ Théâtre: mystère, comédies et ballets (volume 2)Chapitre 72 sur 235 · scène vn · texte numérisé non relu

scène vn

LES MÊMES, INEZ, au balcon.

HARINETTE.

Monsieur de ce côté veuillez tourner les yeux : .C'est liiez qui paraît.

VALÈRE

Je vois s'ouvrir les cieux !

FRONTIN

Les cieux ! — Une fenêtre à carreaux vert bouteille !

VALÈRE

L'Aurore resplendit, souriante et vermeille...

L'aurore se met donc au balcon ce matin ?

VALÈRE

Faisant pâlir la rose à l'éclat de son teint !

FRONTIN

Pardon, monsieur. — Ce style est trop métaphorique. Et vous perdez le temps en fleurs de rhétorique : L'occasion est femme, et ne nous attend pas... Marinette, aux aguets cours te mettre là-bas. Au pied du mur, je Tais faire la courte échelle, Afin de tous hausser jusques à votre belle.

valèrb.

Comment payer...?

FRONTIN

Plus tard, quand vous serez en fonds?

VALÈRB.

Frontin, ô mon sauveur!

FRONTIN

Allons, vite, grimpons !

Une! deux!

VALÈRE; sur le dos de Frontin.

M'y voilà !

FRONTIN

Tenez-vous au balustre.

VALÈRE, & Inez.

Pour s'élever à vous, il faudrait être illustre, ' liiez, être le fils des rois ou des héros.

FRONTIN

11 suffit d'un Frontin qui vous prête son dos...

VALÈRE

Je sens tout mon néant et toute ma misère !

Je n'ai rien, je le sais, qui soit fait pour vous plaire .

Hais vos yeux, à la fois charmants et meurtriers,

,Ont des traits à percer les plus durs boucliers.

Ne vous offensez pas des soupirs qui s'échappent

Du sein des malheureux que, par mégarde, ils frappent ;

Ne vous offensez pas d'un téméraire espoir.

Et ce cœur tout à vous daignez le recevoir !

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