scène vn
LES MÊMES, INEZ, au balcon.
HARINETTE.
Monsieur de ce côté veuillez tourner les yeux : .C'est liiez qui paraît.
VALÈRE
Je vois s'ouvrir les cieux !
FRONTIN
Les cieux ! — Une fenêtre à carreaux vert bouteille !
VALÈRE
L'Aurore resplendit, souriante et vermeille...
L'aurore se met donc au balcon ce matin ?
VALÈRE
Faisant pâlir la rose à l'éclat de son teint !
FRONTIN
Pardon, monsieur. — Ce style est trop métaphorique. Et vous perdez le temps en fleurs de rhétorique : L'occasion est femme, et ne nous attend pas... Marinette, aux aguets cours te mettre là-bas. Au pied du mur, je Tais faire la courte échelle, Afin de tous hausser jusques à votre belle.
valèrb.
Comment payer...?
FRONTIN
Plus tard, quand vous serez en fonds?
VALÈRB.
Frontin, ô mon sauveur!
FRONTIN
Allons, vite, grimpons !
Une! deux!
VALÈRE; sur le dos de Frontin.
M'y voilà !
FRONTIN
Tenez-vous au balustre.
VALÈRE, & Inez.
Pour s'élever à vous, il faudrait être illustre, ' liiez, être le fils des rois ou des héros.
FRONTIN
11 suffit d'un Frontin qui vous prête son dos...
VALÈRE
Je sens tout mon néant et toute ma misère !
Je n'ai rien, je le sais, qui soit fait pour vous plaire .
Hais vos yeux, à la fois charmants et meurtriers,
,Ont des traits à percer les plus durs boucliers.
Ne vous offensez pas des soupirs qui s'échappent
Du sein des malheureux que, par mégarde, ils frappent ;
Ne vous offensez pas d'un téméraire espoir.
Et ce cœur tout à vous daignez le recevoir !