MARMOTTE
J'entends éternuer, et je ne vois personne !
GÉRONTE
C'est moi qui...
MARINÏTTE.
Hais quelle est cette voix qui résonne?
Un fantôme, un esprit!...
GÉAOSITB.
Eh 1 non ; c'est moi,
MAR1NETTE
Qui donc?
GÉRONTE
Et votre corps } où donc est-il ?
* FRONTIN, décoiffant Géronte.
Pardon !
Monsieur, vous oubliez que pour être visible Il faut vous décoiffer.
Marînette.
Àh ! quelle peur horrible, Monsieur, vous m'avez faite ?
géronte.
Allons, rassure-toi ; Je vais en quatre mots dissiper ton effroi :
Ce chapeau, qu'il sufût d'ôter et de remettre, Me fait à volonté paraître et disparaître !
MAhhlETT'E, â part.
Feignons d'être timide et jouons l'embarras.
GÉRONTE
La place que tu veux, mon enfant, tu l'auras.
MARINETTE
Tous étiez là, monsieur? Vous m'avez entendue?... Le trouble... la pudeur... Ah ! je suis confondue !
GÉRONTE
Ton dévouement pour moi s'est fait connaître ainsi.
Pendant que nous voilà, si nous tentions aussi,
Avec ce talisman, une autre expérience,
Pour savoir ce qu'Inez sur votre compte pense ?
GÉRONTE
Pourquoi faire, Frontin ? Je ne suis pas aimé !
FRONTIN
Si, vous Têtes. Le cœur est un livre fermé ; H faut qu'il soit ouvert pour qu'on y puisse lire.
MARINETTE
Voulez-vous qu'une femme aille d'abord vous dire Les feux dont en secret elle brûle pour vous ?
GÉRONTE
Mais elle m'a vingt fois refusé pour époux !
FRONTIN
Et vous vous arrêtez à de telles vétilles ?
Le véritable sens du non des jeunes filles, C'est oui !
MARINETTE
Monsieur, je suis de l'avis de Frontin :
Mademoiselle Inez vous aime, c'est certain.
GÉRONTE
Prends ma clef, Marinette ; ouvre, entre et fais en sorte Sous un prétexte en l'air, que ma pupille sorte.
Marinette entre dans la maison.
le; tricorne enchanté. 153