‹ Théâtre: mystère, comédies et ballets (volume 2)Chapitre 95 sur 235 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

MËtlftdT, sortant de la maison du docteur.

Je suis liiorl !•••» Arlequin disait la vérité.

La pendaison n*est pas bonne pour la santé ;

Je m'explique â présent pourquoi j'ai le teint blême.

Pauvre Pierrot, allons, conduis ton deuil toi-même.

Mets un crêpe à ton bras, arrose=toi de pleure,

Prononce le discours, et jette-toi des fleurs;

Orné ton monument d'un ci-tftt autographe,

Et, poêle posthume^ écris ton épitaphe,

Qu'y mettrai-je?... voyons... « Ici dort étendu... »

Non... ce mot fait venir h rime de pendu...

Couché vaut mieux... « Pierrot... il ne fît rien qui vaille

Et vécut sans remords en parfaite canaille ! »

C'est plus original que bon fils; bon époux,

Bon père, et cœtera, comme les morts sont tous.

Fais ta nécrologie et l'envoie aux gazettes.

Ces choses sont toujours par soi-même mieux faites.

Quel ami je m'enlève, et quel bon oompaghotty

Content de moft bonheur, triste de mon gdlgiion !

Comme je me regrette, et comme je me manque 1

La douleur me pâlit, la tristesse m'efftanque,

En songeant qu'allongé dans le fond d'un trou noir*

Je ne jouirai plus du bonheur de nte voir.

Quel coup ! moi qui m'étais si dévoué; si tendre*

Si plein d'attentions, si prompt à me comprendre !

Aussi, reconnaissant de mes bontés pour moi,

Je me ferai le chien de mon propre convoi;

Et j'irai, me couchant sur ma tombe déserte,

Mourir une autre fois du chagrin de ma perte.

PIEÏtllOT POSTHUME. ' 179

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