SCÈNE II
Ililarion témoigne la plus vive terreur en devinant s projets de ses camarades. « C'est u;: endroit mau-
dit, leur dit-il, c"est le cercle de danse des ^Yilis! » Il leur montre lu tombe de Giselle... de Giselle ijui dansait toujours. Il la désigne par la couronne de pampres qu'on lui mit sur le front pendant l.i fête, et qui est appendue à la croix de marbre.
A cet instant, on entend sonner minuit dans le lointain : c'est l'beure lugubre où, selon la cbroniqnc du pays, les Wilis se rendent à leur salle de bal.
Ililarion et ses compagnons écoutent l'iiorloge avec terreur ; ils regardent en tremblant autour d'eux, s'attendant à l'apparition des légers fantômes. « Fuyons, dit Ililarion, les AVilis sont impitoyables; elles s'emparent des voyageurs et les font danser avec elles jusqu'à ce qu'ils meurent de fatigue ou soient engloutis dans le lac que vous voyez d'ici. »
Une musique fantastique commence alors; les gardes-chasse pâlissent, chancellent et s'enfuient de tous côtés, avec les signes du plus grand effroi, poursuivis par des feux follets qui apparaissent de toutes parts.
scÈ^E m
Une gerbe de jonc marin s'entr'ouvre alors lentement, et du sein de l'humide lluilla"o on voit s'c-
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lancer lu K'ijore Myrtlui, oii)l)rc Iraiispaiviitc et paie, /(/ reine des Wilis. Elle ap[)oi'to avec elle un jour mystérieux qui éclaire subitement la forêt, eu perçant les ombres de la nuit. 11 en est ainsi toutes les ibis i|iie les ^Yilis paraissent. Sur les blancbes épaules de Myrtlia, palpitent et frémissent des ailes diapluuies dans lesquelles la Wili peut s'envelopper comme avec un voile de gaze.
Cette apparition insaisissable ne peut rester en place, et s'élançant tantôt sur une touffe de fleurs, tantôt sur une brancbe de saule, voltige çà et là, parcourant et -(■mblant reconnaître son petit empire, dont elle vient iliaque nuit prendre de nouveau possession. Elle se liaigne dans les eaux du lac, puis se suspend aux branches des saules et s'y balance.
Après un pas dansé par elle seule, elle cueille une hianche de romarin, et en touche alteniativemont iliaque plante, chaque buisson, chaque touffe de Icuillatre.