‹ Théâtre: mystere, comédies et balletsChapitre 216 sur 228 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

llurwasas, satisl'ait de son eoininencenienl de ven- I Muce, s'a{t[)roclie de Sacountalà ; [iroUtaiit de son I \anouissenient, il retire du doigt de la jeinie lillc I ;unieau que le roi lui a remis et va le jeter au loin il. MIS Félang sacré ; les jeunes lîlles, les biahnialcliaris, \r<. gourous entrent ayanl en tète le sage (lanoua. Ils

aperçoivent Sacountalâ évanouie, la relèvent et la ioul revenir à elle. Du doigt elle désigne l'ermite, dont la physionomie exprime toujours le courroux, et raconte à Canoua, son père adoptil", qu'elle est aimée du roi, qu'elle l'aime et qu'il lui a juré de l'épouser; mais Durwasas, offensé involontairement, a, par ses malélices, fait perdre la raison et le souvenir au roi Douclimanla. — Durwasas, qui a écouté ce récit, se rapproche du groupe et dit : — Jamais ta fdle ne sera la femme du roi. — Et qui l'empêcherait? répond Canoua. — Moi, réplique Durwasas, les jeux brillants de haine, sans se laisser attendrir par les supplications de Sacountalâ tombée à ses genoux.

Ces menaces répandent la consternation parmi les jeunes filles et les bramatcharis, qui coimaissent la rancune et le pouvoir de Durwasas.

Canoua d'un air calme rassure sa lîlle et dit qu'il \a faire ses efforts pour conjurer le sort. Si Durwasas est puissant pour le mal, lui est puissant pour le bien. Il s'approche du temple, récite une formule et jette sur l'autel une poignée de l'herbe cousà. Le feu brille, et, dans la fumée qui s'élève et se sépare, se dessine un groupe représentant Douchmanta posant une couronne sur la tête de Sacountalâ. Une lueur d'un bleu céleste éclaire ce tableau. Les malédictions du méchant Durwasas seront neutralisées par les prières du pieux Ca-

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noua. Ce présage heureux rassuic la jeune fille et ses eonipayiies.

Mais l'irascible erniile, (jui a regardé cette scène d'un air méprisant, s'approche de l'autel, invoque Sliiva, dieu de la destruction, répand de l'herbe sacrée sur le feu et fait apparaître dans la fumée un tableau (lîi l'on voit Sacountalà agenouillée sur un bûcher oi llamme. Une lueur rouge jette son reflet sinistre sur cette scène.

Un sentiment d'angoisse s'empare de tous les cœurs. Lequel de ces deux présages faut-il croire ? Sacoun- I alà d'abord laisse pendre ses bras avec abattement ; mais bientôt elle relève la tête. La courageuse jeune iille bravera les malédictions et les présages funestes; elle ira malgré tout retrouver, au palais d'Hastinapourou, l'infortuné Douchmanta, qui peut avoir besoin (le son dévouement. — Le sage Ganoua l'approuve et la bénit.

Elle va partir, mais ses vêtements sont trop simples pour se présenter à la cour. Comment faire? les l)rahmes vivent dans la pauvreté, et la sainte solitude n'a pas de bazar où l'on puisse acheter de riches habits. I Canoua répond qu'il ne faut pas s'en inquiéter, et que le ciel y pourvoira.

On commence la toilette de Sacouutaiïi, ses compagnes la dépouillent de ses voiles.

iS-1 l'IlEATliL.

Toul à coiiji la jeune JiUe s'aperçoil avec lerieuc qu'elle n'a plus sou anneau.

Comment désormais pénétrer dans le palais d'ilaslinapourou, et se faire reconnaître comme liancée du roi ?

— Reste avec nous, dit l'riyamwada, — Non, je braverai tout, répond la jeune femme. — ?s'as-tu pas l'amour du roi! dit Anousouya, il le reconnaîtra à la beauté ; i|u'as-tu besoin de l'anneau'/

SCÈiNE XI

Sacountalà, ou ne l'a pas oublié, est, par sa mère, d'origine céleste. La nymplie Menaça, dont elle est lille, vient à son secours dans ce moment suprême ; les cimes des arbres s'écartent, laissant passer des Ilots de lumière. Les ajjsaras descendent du ciel apportant des étoffes en toile de soleil et en gaze de lune; des tètes de nymphes apparaissent à traveis les interstices du icuilLige. Les arbustes allongent kurs branches fleuries conmie de petites mains portant des bijoux, des colliers d'or, des Mis de {)erles.

Sa toilette finie, Sacountalà se prosterne devant les

SACOINTAIA. 4N."

(Ii'cssos, les gi'nios cl les aps;ir;is, (|iii rcnioiiicni ;iii rioi.

Aii(»usnuy;i, Priyaniwada et les autres joiiiies tilles reiitourent et l'admirent en la voyant si belle; certes, le ro\ Dniielimanta ne peut manquer de la bien accueillir, malgré le sort jeté par l'ermite : n'est-elle pas d'ailleurs sous la protection des apsaras?

Il est temps de partir. Sacountalà fait ses adieux à >es compagnes, à son antilope, à ses plantes chéries, (pi'elle embrasse tour à tour comme si c'étaient des ctres doués d'une Ame.

Le sage Canoua, avec ([uelijucs brabmatcharis et (iautami, la gouvernante des jeunes prêtresses, accom|)agne Sacountalà, qui, avant de s'éloigner, se rctomnie plusieurs fois etjette des baisers à ses amies.

Ourwasas, qui veut contrarier l'influence salutaire (le (lanoua, son rival en sainteté, laisse prendre un peu d'avance au cortège, se revêt d'une robe de brahme, et sort à grands pas du même côté. Les jeunes filles, qui regrettent Sacountalà, se groupent dans des poses abattues et mélancoliques.

FIN DU P R E >l I E p. ACTE

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