COLOMBINE, PIERROT
.Non je ne le suis plus. ..J'ai tout vu.
COI.OMBINE.
Vieux jaloux !
PIEIUiOT.
Moi, jaloux?... Insensibleauxplaisirscommcauxpeincs,
l'li:iiUOT PU s T 11 r ME. 193
Je lie ]iiii> plus soiiH'iir des passions liuiuaiues. Je suis mon spectre.
COLOMBINE
Ah bah !
PIERROT
J 'apparais, je reviens, Pur esprit ilégagé des terrestres liens. Et tout tranipiillenient, devant qu'il lasse sombre, Au soleil de midi je réchauffe mon ombre.
COLOMRI.NE.
Je t'avais vu, i'ierrot, et j'ai voulu, par jeu Au moyen d'Arlequin te tourmenter lui peu.
riEHROT.
Qui, moi, m'inquiéter de ces billevesées?
Dans l'autre monde on a de plus graves pensées '
COLOMBINE
Je t'aime.
Je suis mort.
COLOMBINE
Allons donc'
PIERROT
J'ai vécu.
COLOMRI.NE.
Embrasse-moi.
loi TUtATI'.E.
PIElUiOT.
Fi donc? Faire Arlequin cocu ?
C'est votre époux! j'irais commettre un adultère, Et, funèbre galant sorti de dessous terre, Faire, eu flagrant délit de conversation Criminelle, surprendre une apparition?
Non. je suis trop moral.
COLOMDI.NE.
Quelle étrange folie ' Laisse-toi cai'esser.
Pierrot fait un geste de (lénc<;alion.
Ne suis-je plus jolie, Que ta petite femme, hélas ! ne te plaît plus ?
PIERROT
Si fait, mais mon état rend tes soins superflus.
COLOMBINE
En Espagne, sans doute, une brune co(piine
Retient ta fantaisie auxplis de sabasquiur,
Ou bien quelque Moresque aux yeux de noir cernés
A suspendu ton cœur à l'anneau de son nez,
Kt tu reviens ici, sec, n'ayant plus que rànic.
Jouer le rôle d'ombre et de mort pour ta fenune.
PIERROT
Je suis sec, mais vit-on jamais squelette gras?
COI.OMIil.NE.
Sans rancune, cher mori , mais tu me le paîras !
Elle son.
PIERROT l'OSTIIlME. 103