‹ ThéâtreChapitre 120 sur 190 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

s'incline. Airêlant le valet de, pied.) Mais, avant tOUt, dites à

Frédéric de venir me donner mes vieilles pantoufles.

Le valet de pied, qui a apporté les chaussures, aide Biroii à les mettre. Lerible rentre.

BIRON, tendant la main à Lerible, par-dessus la tête du valet de pied accroupi.

A nous deux, papa Lerible.

LERIBLf;

Monsieur Biron, qu'est-ce qu'il y a donc?

BIRO.N, gaiement.

Nous allons voir si vous êtes un homme, Lerible.

(Il le prend par un bouton de sa redingote.) Si je VOUS proposais

de reprendre... pour de bon cette fois... le Foyer?...

LERIBLE, froideur allectée.

Le Foyer? Je ne dis pas, monsieur Biron, je ne dis pas.

BIRO', jovial.

Ahl nous n'allons pas recommencer à discuter la combinaison 1 Vous prenez toutes les dépenses à forfait... on vous les garantit... Qu'est-ce que vous risquez?

LERIiJLE

Sans ça, pai^bleu! ^

BIRO.N, poursuivant.

Et le travail des petites vous appartient. (Lerible regarde Biron, sourit.) Allons donc ! Je sais bien que vous en grillez d'envie !

LERIBLE

Mon Dieu!... Mais nous ne pouvons rien faire sans M. le baron Courtin?

BIROX

Ne vous occupez pas de Courtin... Je vais peut-être vous abouclier avec lui tout à l'heure... (Regardant i;i pendule! Peul-èlre tout de suite. Allons, décidezvous.

LERIBLE, hochant la tête.

S'il est toujours aussi bien disposé 1...

BIRON

Oh! vous savez... Courtin est un grand seigneur... Il voit les choses de haut... ça va aller tout seul... Mai^ je veux être sûr que nous serions d'a«'Cord, vous et moi... le cas écliéant... Il me faut votre réponse avani de rien décider.

LERIBLE, mollement.

Je V0U.S dirai, monsieur Biron, que je ne tiens p!u> tant à cette affaire... Non, sincèrement... (Il se gratte ht lète.] L'afTairc est lourde... Le Foyer! On n'arrive pas à joindre les deux bouts...

lilRON

Courtin, parbleu! Il ne sait pas s'y prendre... Il ne sait que déj)enser... Il n'a jamais fait œuvre de ses dix doigts.

LERIBLE

M. le baron Courtin a de trop belles mains...

BIRO.N, cachant les sienne?.

Il en est assez fier... (Changeant de ton, très gaiement. x\llons, allons, vieux caïman, ne finassez plus, ne marchandez plus... Est-ce que vous n'avez pas envie de voit bientôt, à votre boulonnièi^e... Hein? Céleslin Lcrible. chevalier de la Lt'-don d'honneur ?

ACTK TP.OISIl.MF. I!»l

IFRIBLi;

Vous l'avez promis... bien sûr... bien sur... Mais vous avez votre intérêt... vous riez'.'... Ce n'est peutêtre pas en argent... Je n'en sais rien.... Le fait que vous ne m'envoyez pas pour rien chercher en aulomobile. Enfin, vous ne me donnerez pas votre part... M. le baron Courtin, lui, je ne veux rien savoir non plus... Et ce serait ce pauvre Lerible qui iiaif perdre son temps et sa peine, pour rien... pour une misère... Ecoutez donc, monsieur Biron...

BIP.ON

Sacré Lerible 1 Mais un homme comme vous... avec un contrat bien fait...

LEniBr.F.

Ça, le contrat sera bien fait...

BinoN, pouisuivajit.

Peut gagner, au Foyer... je ne sais pas, moi... sept... huit mille... voyons... avec de l'ordre... un billet de mille, par mois.

LKRIBLE

Bien sur... Ijien sûr... Tenez, monsieur Bii'on, si vous voulez me garantir quinze mille francs...

BIP.ON

11 est gourmand, ce Lerible!...

LERIBLE

Voyons, monsieur Biron, c'est vous qui, allez marchander... pour une affaire qui vous tient tant A cœur ! . . .

BIRON

Allons... je suis bon prince... je suis de bonne

m LE FOYER.

humeur, ce matin... c'est entendu... Mais, vous savez, papa Lerible... il y a un passif...

LERIBLE

Il y a toujours un passif, au début d'une affaire intéressante.

BIROiN

Ce passif... (H fait la g:rimace.) Admettons que je le couvre... Avez-vous le moyen de me faire rentrer dans mon argent?... Toute la question est là... J'avance les fonds... Je ne veux pas les perdre...

LERIBLE, souriant.

Je vous l'ai toujours dit, monsieur Biron... le moyen, c'est la loterie. Une belle loterie d'un million!

BIRON

Je sais bien... C'est assez difficile...

LERIBLE

Il faut l'autorisation, voilà tout... Et si vous... vous ne l'obtenez pas?... Alors?... Vous l'avez bien obtenue en 94 !

BIRON

Alil En 94!... C'était le temps du Panama.

LERIBLE, grave.

La belle époque!...

BIRON

Et j'avais un journal à moi...

LERIBLE

Je n'aijam;iis compris que vous n'en ayez plus...

BIRON

Se remettre à faire chanter les gens... Ma foi, non!

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