ACTE DEUXIEME. IH
comme moi, sa vie dans les établissements de charité...
on se blase un peu... (Allant et venant.) Qu'on me donne de l'argent !... Qu'on me donne de l'argent !
DUFRÈRE
Et qu'est-ce, au juste, que cet incident des conserves?
COURTIN
Fâcheux... assez fâcheux.
DUFRÈRE
Enfin, quoi ?... tous les jours, au régiment...
COURTIN
C'est vrai.
DUFRÈRK, iioursuivant.
... des soldats sont empoisonnés...
COURTIN
Naturellement... Mais dans le monde, mon cher, dans le monde !
DUFRÈRE
II n'y a pas de plainte?
C0URTIi\ .
Non... non... aucune plainte déposée... du moins pas encore... Depuis la mort de cette petite Mézy... vous pensez... on a fait des ragots, dans le quartier... Mais de là à exhumer le corps... à pratiquer l'autopsie... J'ai tenu, cependant, à rendre visite au commissaire de police... Et je m'en félicite...
DUFRÈRE
Ah!...
COURTIN
Un homme charmant... Vous concevez qu'il s'est mis en frais pour moi... de l'esprit...
DUFRÈRE
On ne cherche pas à vous atteindre ?
COUnTIN
Rien du tout... Le mot d'ordre, m'a-t-il dit, c'est : « Pas d'affaire.... pas d'affaires !... pour toutes les affaires ! »
DurnÈr.F,
Ils sont d'ailleurs couverts par le certificat du mé.:lecin : (( Tempérament cardiaque... Grise cardiaque. » Le docteur est formel.
COURTIN
Ah ! c'est qu'on le suspecte un peu.
DDFRLRE
Comme médecin de l'établissement ?
COURTIN
Non... à cause de ses opinions politiques. « Il est très mal noté )),m'adit le commissaire. C'est ennuyeux.
DUFRÈRE
En somme, pas de mauvaises intentions contre vous ? Vous n'êtes pas visé ?
COURTIN
J'ai sondé mon homme... Il est fin... Il m'a compris à demi-mot... « Monsieur le sénateur, m'a-t-il dit, j'ai connu un temps où nous dépendions du ministère de l'Intérieur... Aujourd'hui, nous ne dépendons plus que des journaux... Si vous avez une bonne presse... je ne mettrai même pas les pieds au Foyer... Mais avec une mauvaise presse ! »... Aussi, le ton de ce petit journahste, tout h l'heure...