‹ Théâtrè par Jean LorrainChapitre 102 sur 113 · UN ARTISAN · texte numérisé non relu

UN ARTISAN

Sus aux soldats, amis!

(Lançant une i)iorre dans les fenêtres de Loreley.)

Tiens, toi, dans tes carreaux, (îueuse!

DES VOIX

Sortiras-lu de ton antre, sorcière?

A mort!

LE REITRE

Dispersez-vous, ou gare aux coups; arrière!

PREMIER BOURGEOIS

Ça va chauffer, je rentre. Avez-vous vu les morts De la nuit?

Non.

PREMIER BOURGEOIS

L'un d'eux a dans son justaucorps

Jusqu'à vingt grands trous noirs, du noir saignant des mûres;

Un autre en a dix-sept, j'ai compté les blessures.

Mais les voici venir portés sur des brancards.

(La foule s'écarte avec des rumeurs; passent des civières chargées de cadavres.)

SECOND BOURGEOIS

Oh! c'est une pitié qui navre les regards :

Ces dix beaux jeunes gens pleins d'orgueil et d'ivresse

Hier , aujourd'hui froids.

UNE VIEILLE FEMME échevelée qui suit une civière.

Tous morts, et la diôlesse,

Hllle, respire encore...

(Menaçant les soldats du poinj;.)

et les gueux que voilà !

(Elle se jette sur une civière et s'accroche à un cadavre.)

Mon fils, oh! mon enfant! Ludwig!

LE REITRE

Etnmenez-la.

(Des reitres emmènent la femme).

SECOND BOURGEOIS

Cela fait frissonner.

LA VOIX DE LA VIEILLE FEMME, au loin.

Mon enfant !

PREMIER BOURGEOIS

C'est la mère!

DES VOIX

A bas la troupe! à mort!

(Bruit de vitres cassées.)

PREMIER BOURGEOIS

Encore une verrière Qu'ils font à coups de pierre éclater.

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