UN ARTISAN
Sus aux soldats, amis!
(Lançant une i)iorre dans les fenêtres de Loreley.)
Tiens, toi, dans tes carreaux, (îueuse!
DES VOIX
Sortiras-lu de ton antre, sorcière?
A mort!
LE REITRE
Dispersez-vous, ou gare aux coups; arrière!
PREMIER BOURGEOIS
Ça va chauffer, je rentre. Avez-vous vu les morts De la nuit?
Non.
PREMIER BOURGEOIS
L'un d'eux a dans son justaucorps
Jusqu'à vingt grands trous noirs, du noir saignant des mûres;
Un autre en a dix-sept, j'ai compté les blessures.
Mais les voici venir portés sur des brancards.
(La foule s'écarte avec des rumeurs; passent des civières chargées de cadavres.)
SECOND BOURGEOIS
Oh! c'est une pitié qui navre les regards :
Ces dix beaux jeunes gens pleins d'orgueil et d'ivresse
Hier , aujourd'hui froids.
UNE VIEILLE FEMME échevelée qui suit une civière.
Tous morts, et la diôlesse,
Hllle, respire encore...
(Menaçant les soldats du poinj;.)
et les gueux que voilà !
(Elle se jette sur une civière et s'accroche à un cadavre.)
Mon fils, oh! mon enfant! Ludwig!
LE REITRE
Etnmenez-la.
(Des reitres emmènent la femme).
SECOND BOURGEOIS
Cela fait frissonner.
LA VOIX DE LA VIEILLE FEMME, au loin.
Mon enfant !
PREMIER BOURGEOIS
C'est la mère!
DES VOIX
A bas la troupe! à mort!
(Bruit de vitres cassées.)
PREMIER BOURGEOIS
Encore une verrière Qu'ils font à coups de pierre éclater.