UN ÉCHO
Ah !
(La touffe lumineuse, le cercle. Myrdhinn lui-même, tout redevient obscur. Silence. La lune qui s'était éclipsée reparait lentement dans le ciel. La touffe de fougères apparaît considérablement grandie et épaissie.)
MYRDHINN
Les Prêtresses ont fui : la lourde somnolence Du charme rôde encore et le hois en silence Berce au vent endormi ses grands chênes épars.
(Regardant la touffe de fleurs géantes.)
Les lys l'ont à jamais de'robée aux regards.
(Un immense éclat de rire retentit en ce moment au fond de la scène. Il s'arrête, il écoute, silence.) •
C/est un cri de chouette au loin sous les futaies ? La lune, qui se lève, éveille les orfraies!
(Le rire éclate celle fois plus rapproché, suivi de plusieurs autres.)
Non, ce n'est pas le cri lugubre du hibou.
Qui peut rire à minuit ce rire étrange et fou?
C'est quelque esprit des bois qui dans l'ombre erre et rode.
(Troisième rire répété par l'écho, si bien que la forêt entière semble éclater de rire. Myrdhinn, portant sa main droite à sa main gauche:)
A moi, magique anneau!
(Il ôte son annulaire gauche, et s' appuyant au grand chêne.) Juste Dieu!
UNE VOIX
L'émeraude, Qui te rend invisible et chasse les esprits. Tu ne l'as plus, vieux mage, au piège enfin surpris; Et je ris à mon tour de ta déconvenue.
30 THÉATRB
MYRDHINN
Viviane !
VIVIANE, apparaissant derrière le chêne.
Elle-même!
(Elle est presque nue dans une légère et longue robe de gaze blanche transparente, les bras et les épaules nues. Sur la tête le casque d'or ailé d'or rouge de Myrdhinn. Elle s'arrête et sourit.)