‹ Théâtrè par Jean LorrainChapitre 31 sur 113 · LE C.\PITAL\E · texte numérisé non relu

LE C.\PITAL\E

On bavarde, Et l'on rit. Est-ce ainsi que l'on monte une garde?

(Montrant Camillus et Prisca. i

Vous permettez d'entrer à des bohémiens!

PREMIER GARDE

Capitaine, excusez, ces deux musiciens Attendent le congé de la reine malade.

Ils veulent, paraît-il, lui donner une aubade; Le myrrhe à ce sujet consulte en ce moment Sa Majesté la Reine.

Ah! c'est un châtiment, Prisca! Nous expions les forfaits dune race Effrayante de rois qui n'a jamais fait grâce; Et le sort aujourd'hui torture sans pitié Dan^ elle, l'humble lîlle, et dans moi, l'héritier

De vingt rois d'Illyrie agrandis par leurs crimes, Du passé des aïeux nous sommes les victimes, De mon père, du sien... car enfin ses yeux morts, Pourquoi n'y voient-ils pas? et c'est là mon remords! Ils ont été brûlés dans quelque tragédie De palais, où mon père, infâme perfidie, Aura... Prisca, j'ai peur, j'ai honte d'y songer!

LE CAPITAINE, luonlrant Camillus.

Le plus jeune non plus ne m'est pas étranger.

Il flotte dans ces lieux comme une odeur d'intrigue.

Surveillez-les de près.

PRISCA

J'éprouve une fatigue Dans le dos comme un homme en train d'être épié.

(Il se retourne, ajierroit les gardes causant et se rapproche vivement du prince.;

Nous nous sommes fourrés, je crois, dans un guêpier. Seigneur, observez-vous. Là-bas, on vous observe,

LE CAPITAINE

Il faut que ma mémoire en ce cas-ci me serve!

(A haute voix.) Prisca!

(Prisca se retourne.)

C'est lui.

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