‹ Théâtrè par Jean LorrainChapitre 75 sur 113 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les mêmes, LE PRLNCE ROTTERIK, LES HO.MMES DARMES

ROTTERIK, aux hommes qui portent la femme.

Étendez-la ici.

(Il désigne la table, les quatre hommes s'avancent avec précaution et déposent la fille sur la table servie dont ils renversent les aiguif'res et les corbeilles de fruits. La fille pâle et les yeux fermés est secouée par un tremblement d'effioi. Elle a les mains et les pieds percés comme par des clous. C'est la princesse Ranaïde.)

ROTTEPdK, désignant Rauaïde à sa mère.

Je Tai trouvée crucifiée à un arbie, elle est en danger de mort. Veuillez la secourir.

LA REINE, demeurée assise et regardant Ranaïde.

J'ai déjà vu ces yeux-là quelque part. (Elle se hive lentement et se penche vers la jeune fille.) Elle est très belle. Gomme elle est pâle ! (S'adressant à Rauaïde) Vous souffrez, mon enfant? (Silence). Quelle épouvante dans ses regards! On dirait qu'elle a peur de vous, mon fils. (Prenant la main de Rauaïde.) Et celte pauvre main douloureuse et trouée et ces deux pieds percés comme ceux du Christ! (.vRaimbaude.) Vite, des bandes, du vin d'aromates; aidez-moi à panser ses plaies. (Rencontrant

le regard de Rotterik lixé sur Rauaïde.) D'ailleurs, laissez-nous

seules; retirez-vous, mon fils, retirez-vous, donnez-moi

seulement deux hommes pour aider à porter cette enfant

sur mon lit. Allez, je veillerai sur elle cette nuit.

(Deux hommes, sur un signe du prince, ont pris Ranaïde dans leurs bras, aidés jtar Raimbaude etMaheule.)

(La reine, toute droite, montre la porte au prince, qui se retire à reculons.)

RIDEAU

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