‹ Théâtrè par Jean LorrainChapitre 86 sur 113 · HILDEBERT · texte numérisé non relu

HILDEBERT

MEROWIG

LUITPRÂND

Leudes et soldats francs.

TRYPTIQUE

PREMIER ACTE

Haute salle çjothique aux voûtes soutenues par des piliers trapus. Assis au pied d'un pilier le conteur^ un antique missel ouvert sur ses genoux.

LE CONTEUR, lisant.

Hilpérig, roi des Francs de Metz et de Neustrie, Un soir qu'avec les siens chargés d'orfèvrerie Et de ciboires d'ambre étincelants d'émaux, 11 revenait, au pas morne et lent des chevaux, De piller au lointain quelque riche abbaye, Aperçut, au rebord de la route accroupie, Les pieds nus et la face appuyée aux genoux, Toute blême, une femme aux fauves cheveux roux Qui dormait.

Auprès d'elle un vieillard au front chauve Était debout, veillant.

226 THKATRE

Le fond du Ikéâlre s'é<:laire et laisse voir une roule poudreme longeant d'immenses champs de blé, tout l'horizon est occupé par de jaunes récoltes, au loin une fumée noire indiquant l'abbaye qui brûle.

Au bord de la route, à droite, une femme est accroupie au revers du talus, très pâle, à demi vêtue de haillons f/risàtres, ses cheveux Jaunes pendent en désordre sur son visage, elle paraît dormir. Auprès d'elle un vieillard vêtu d'une robe haillonneusê est debout; entre eux deux un grand vase en bronze au-dessus duquel une flamme bleue vacille.

De l'autre côté de la route, arrêtés, devant la femme, Hilpérig et ses leudes, Merowij, ILldebert et Luitprand; des soldats francs tiennent leurs chevaux en main.

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