‹ ThéâtreChapitre 11 sur 116 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MYRDHINN, VIVIANE

MYRDHINN, se laissant tonibeh â génoUx près du chêne. Ah!

VIVIANE, s' avançant.

Cette voix connue N'est ni le rire ailé d'un rôdeur esprit fou, Ni la plainte sinistre et rauque du hibou. Myrdhinn, tu m'as nomme'e, et me voici venue. (Montrant le casque du doigt.)

Ton casque d'or en tête, hélas ! et presqtie ntle,

Puisque tu m'as ?olé ma robe et mon hennin.

(Elle écarte d'un geste la touffe de fleurs géantes ; la robe vide et le hennin de Viviane apparaissent au milieu des lys, éclairés par la lune."^

Oui, la place était vide et j'ai trompé ta main.

(Elle laisse retomber le rideaii de fougères, le hetinin et la rbbe vidé disparaissent. — Myrdhinn, qui s'est précipité pour les voir, se laissé glisser à terre à demi affaissé devant Viviane. Elle est debout et souriante.)

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VIVIANE

Puisque Myrdhinii a fait la folle songerie

D'endormir à jamais ma tunique ileurie

Et d'enchanter ma robe et mon hennin doré,

(Musique douco, la inr-ine que colle du discours de Myrdhiun.)

J'ai dû ceindre le heaume aux guerriers consacré, Le heaume, où te fiant aux vertus des Tarasques, Tu verses aux félons des breuvages fantasques. (Croisant les bras et raillant Myrdhiun.)

Se venger d'une dame en tenant endormis Sa robe et son hennin, Arthur a-t-il permis, Myrdhinn, cette traîtrise aux preux de son cortège ? Hennin de Viviane, on vous a pris au piège!

(Élevant les bras et se caressant les doigts.)

0 doigts légers et frais, qui frôliez mes genoux,

Disais-tu,

(Elle baise ses bras.)

Lents baisers,

(Elle peigne ses cheveux.)

Et vous, longs cheveux roux, Qui méditiez ma perte, un léger sortilège De Myrdhinn vous déjoué, et les cheveux de neige, Et la barbe d'argent ont pris les cheveux d'or.

(Éclatant.)

Imbécile!... Échappée à ton charme de mort, Je vis, je vois, je ris, et la danse savante Qui devait m'engloutir invisible et vivante. Ces grands bois stupéfaits vont la revoir encor. (Tendant la main vers Myrdhinn.)

Ni corbeau croassant, ni fanfare de cor,

Quand j'aurai prononcé les trois phrases magiques, Ne pourront re'veiller tes beaux yeux léthargiques Et tu vas dans la ronce et les lys à jamais T'engloutir invisible et pourtant je t'aimais! (Se penchant sur Myrdhinn.)

Le grand chêne orgueilleux raillait Thumble liane,

La liane aujourd'hui l'étouffé...

(Se redressant.)

Et Viviane

Triomphe... Et maintenant, toi, dont le charme endort.

Danse fée, ouvre-toi sous mes pas, cercle d'or.

(Myrdhinn est tombé à genoux devant Viviane, il se tait, affaissé, accablé, stupide. Elle, lumineuse sous la lune, tourne lentement autour de Myrdhinn avec les mêmes gestes lents et les trois cercles de la danse de tout à l'heure.)

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