SCENE DEUXIEME
POLICHINELLE, prenant la rose.
Délicieux souvenir. (Il respire la fleur longuement.)
LA MORT, à part.
C'est ma revanche...
POLICHINELLE
Mais qu'est-ce que j'éprouve? Ce parfum m'enivre... iiol trouble!... un soufllc glacé m'enveloppe... A loi... le vin qui réchauffe... A moi... l'amour... la le... ah! cruelle... tu m'as trahi!... (s'élançant rs la Mort.) Vaincu... je suis vaincu par la Mort. // tombe aux pieds de la Mort.
LA MORT
Cette fois, tu es à moi, Polichinelle. Tu ne conaissais pas ce parfum empoisonné. (Elle contemple olichinelle avec ironie.)
Air :
Comment, c'est toi Polichinelle, Tantôt si fier et si vaillant ; Que devient ce cœur infidèle, Tu n'as plus l'air si triomphant.
Orgueil, espoir, tout est par terre.
C'en est fait. Couic ! il faut partir, Voici l'heure du grand mystère ; Adieu le vin et le plaisir !
(PolicJiinelle tend les bras l'crs la Mort.)
Pourquoi te plaindre Et pourquoi craindre ?
est avec «les morts des accommodements.
Polichinolle, Ame rebelle,
Ecoute de ton cœur les tendres battements. Je suis douce envers toi, comme une femme aimée. Par cette rose, ami, ta fin est parfumée, Je fleuris nos amours et tes derniers moments. Ton trépas nous unit ; nous sommes deux amants! La Mort tombe à genoux derrière PolicJnnelle. Elle Ihe son manteau et lui reprend sa rose.
POLICHINELLE, se ranimant pcu à peu et se mettant sur le coude.
Pitié!... Je ne puis mourir ainsi... Les petits enfants ! je suis leur joie.
LA MORT, raillant encore.
C'est vrai, mon cher bouffon, tu ne pouvais disparaître... Les vivants te réclament...
POLICHINELLE
Pitié !
L.\ MORT, tendant la main à Polichinelle. Je cède, relève-toi.
POLICHINELLE
Que deviendraient mes grands enfants? Car, j'er ai aussi dans la politique, dans la littérature, les arts la finance.
LA MORT, riant.
C'est vrai, ce serait un deuil général.
POLICHINELLE
Voilà de bonnes paroles.
LA MORT
Les tiennes m'ont aussi touchée. Le premier ti m'as parlé sans haine. Que veux-tu ? Dis-le ?