‹ ThéâtreChapitre 54 sur 156 · SCÈNE IV PHILIPPE, RAOUL · texte numérisé non relu

SCÈNE IV PHILIPPE, RAOUL

RAOUL

Je crois qu'elle se moque de nous.

PHILIPPE

C'est sûr.

RAOUL

C'est égal, tu t'es conduit avec moi, comme un véritable...

PHILIPPE, l'interrompan t.

Pas d'injure!... Maintenant que j'ai la liberté de mes mouvements je te montrerai que j'ai la main prompte et sûre avec les hommes, ne fût-ce que pour t'ôter l'envie de dire que je bats les femmes.

Si c'est une affaire que tu veux, je suis à tes ordres.

PHILIPPE

Pauvre petit ! je t'embrocherais comme un poulet. Je ne t'engage pas à me demander une leçon d'escrime. Quant au pistolet, sache que j'éteins une bougie à vingt-cinq pas...

RAOUL

Oh ! tu ne me fais pas peur !... Quand tu voudras, mon cher.

PHILIPPE

Allons, calme-toi, j'ai tort. Oublions, toi, mes railleries ; moi, tes grimaces. Faisons la paix. Au fond nous n'étions sérieux, ni l'un ni l'autre. Notre querelle a diverti Suzanne. C'est tout ce que nous voulions, n'est-ce pas? Ceci dit, laisse-moi me dégourdir les membres. Ta main ?

RAOUL, lui tendant la main.

Tu as raison, nous serions sots.

Philippe lui serre la main à la lui broyer. Mais tu vas me broyer la main, animal !

PHILIPPE

Ne fais pas attention; ce sont mes nerfs qui se détendent.

Il se met en garde et s'escrime avec sa canne contre la muraille.

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