ACTE DEUXIEME
Les musiciens se retirent dans le vestibule, au fond de la schie. Le dernier n'allant pas asse:: rite est bousculé par le majordome de Don Juan qui se dirige ensuite vers les hallebardiers.
SGAXARELLE
Gardez cette porte, l'attitiidc crâne, la poitrine en avant, la tête en arrière. (Il fait le geste de frapper le sol axer une hallebarde.) Soyez solides au poste. (Il tâte les mollets de l'un.) Que vos jarrets soient d'acier. (Il frappe sur le ventre de l'autre.) Rentrez cela. Allons, cest bien ! Venez maintenant, les pages ! Voici mes ordres. Au premier appel, vous accourrez vivement, vous serez gracieux, vous offrirez des fleurs aux dames, vous mettrez des coussins sous leurs pieds mignons et vous porterez la queue de leurs robes dès quelles marcheront.
Les pages s'inclinent et regagnent leurs places.
SGAXARELLE, au.v loquais.
Approchez. (Il prend un couteau et une fourchette.) Vous aiguiserez vos couteaux et vous découperez les grosses pièces, comme cela. Puis vous les servirez sur des plats d'argent. Du zèle, mes enfants. Vous déboucherez ensuite des vins dorés qui llaltont le palais. (Il fait claquer sa langue.) Vous les verserez avec respect, à la ronde, dans les coupes, ils embaument ! Seulement, ce n'est pas pour vous.
Les sommeliers, à qui Sganarelle, pour appuyer sa (Icnionstration, a passé son doigt sous le nez, se retirent en indiquant qu'ils se rattraperont à l'office.
sGANAiŒLLE, paraissant épuisé, et se laissant aller sur une chaise.
Réfléchissons. N'ai-je rien oublié? Non. Tout est
prêt. Don Juan et ses invités peuvent venir, le Commandeur aussi. Le Commandeur ! J'ai beau me frotter les yeux. Non, je ne rêve pas. C'est bien moi, Sganarelle, qui ai vu sur la place, là-bas (il montre la fenêtre) la statue, faire comme cela. (Il baisse et hausse la tète, puis il se Ihe brusquement et fait quelques pas.) Vicndra-t il ? Oh ! s'il vient, je m'esquive. Ce n'est pas moi qui brave le ciel. Mon maître s'en moque ! mais moi !...