‹ ThéâtreChapitre 93 sur 156 · MONOLOGUE DU COMMANDEUR · texte numérisé non relu

MONOLOGUE DU COMMANDEUR

LE COMMANDEUR, Seul.

Il sort en titubant, portant toujours sa couronne de roses, mais elle est mise un peu de traxers. Il s'arrête et réfléchit.

Où donc est mon piédestal? Où peut-il être? Décidément, je suis gris, j'ai trop bu, la tète me tourne. (Se souvenant.) Ah ! qu'elle était jolie, la petite femme qui chantait, coupe en main, le vin et l'amour. (Il imite Rosaura comptant sur ses doigts, et se passe la main sur le front.) Où donc est mon piédestal? (Il fait quelques pasmal assurés.) Mauvaises, mes jambes ! Du coton ! Elles se dérobent sous moi. (Ses souvenirs le reprennent.) Bien charmante aussi, la petite danseuse avec son éventail et ses petits pas cadencés ! Et moi! J'ai dansé aussi, j'ai tourné, j'ai levé la jambe. Et allez donc ! En se reculant, il se heurte contre le monument.) Suis-je bête ! parbleu ! le voilà, mon piédestal. (Après une pause.) Il s"ag-it maintenant d"}' remonter. C'est bien haut. (Il fait de vains efforts pour gravir le socle et glisse.) C'est impossible de grimper là-dessus ! (Il le mesure de l'œil.) Je le vois en pente. De l'autre côté, il doit être moins élevé. (Nouvelle tentative infructueuse, le Commandeur manque de tomber, se fait mal au menton.) Jamais je n'y parviendrai. Après tout, je m'ennuyais bien un peu là-dessus. Essayons cependant encore ! (Nouvelle glissade. Il

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