‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 100 sur 220 · ACTE V, SCÈ.NE IX · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈ.NE IX

plutôt que de supporter la vie avec cette perspective! Tout! tout!

C'est au contraire mieux, Guillaume, c'est gratîd, que vous puissiez partir sans un regard de défiance en arrière, sans la possibilité d'une jalousie!... Je vous ai trop montré que j'étais incapable de vous mentir. Vous croyez bien, dites-moi, à ce dernier serment que je vous fais ?

GUILLAUME

Je crois, de toute mon âme, que tu le tiendrais. Si rien n'avait su te préserver des entreprises nouvelles que tu redoutes, oui, je crois que tu te tuerais !

MARIANNE

Alors, vous- n'endurerez plus jamais par moi une pensée jalouse ? Affirmez-le !

GUILLAUME

Je ne serai plus jaloux, Marianne. Je te le promets... Va! Nous n'avons pas à prolonger cette épreuve. Va! Nous avons tout dit!... Il est temps de nous quitter.

MARIANNE

Où irez-vous?... Qu'est-ce que vous ferez?

GUILLAUME

Je suis un ancien vagabond. Je vais repartir, sans doute, pour un long voyage dont j'ignore où il me mènera.

MARIANNE

Vous avez été pour moi du soleil, de l'air, de la santé, de la force, de l'espoir, du bonheur !...

GUILLAUME

Mais pas de l'amour !

MARIANNE

Mon ami ! mon ami ! mon grand ami !... (Elle s'est jetée à ses genoux.)

GUILLAUME

Oh!... Que faites- VOUS?

MARIANNE

Je VOUS dis l'adieu de reconnaissance et d'humilité que je vous dois! (Elle lui baise une main, puis l'autre.) Adieu!... Adieu!... (Elle se sauve, par la gauche, en sanglotant.)

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