DE LA GARDE NATIONALE
LA BRANCHU, raltiapant ses dtiix petits garçons qui jouent à se poursuivre.
Si je VOUS vois approcher de ce perron, vous
aurez des taloches : le jardin des Tuileries est un endroit condamné ; c'est la terre de Coblentz. On ne doit pas dépasser le ruban qui marque la terre nationale, d'un bout à l'autre des Feuillants.
PRF.MIÈRK CITOYENNK.
Ah! vous voici, madame Branchu!... Moi, je suis encore toute saisie de m'ètre trouvée là-bas, (Elle indique la direction du château des Tuileries.) quand Louis XVI tout à l'heure est descendu se montrer dans son jardin. Les uns faisaient : « A bas Veto ! » les autres répondaient : « Vive le Roi ! » Tous criaient à vous donner la chair de poule ! . . . J'ai bien envie de rentrer chez moi,
LA BRANCHU
Ne faites pas ça, voisine ! . . . Après que le tambour et le tocsin nous ont causé une nuit blanche, nos hardes sur le dos, dédommageonsnous d'être si matinales, en prenant toute notre part de la fête. L'Assemblée nationale s'est remise en séance à minuit. On va proclamer ici des événements, dès que les Tuileries auront demandé grâce. Mon mari m'a juré que, de ce côté-là, (Elle indique, à son tour, la direction du château.) ça se terminerait sans coup férir. Autrement, quand il est parti je me serais mise en
ACTK IV, SCÈNE II 33j
travers de la porte... Il est maintenant aux premières loges, le gros Branchu, avec sa section, sous les fenêtres des Tuileries... (A un officier
lie la garde nationale qui, en aviiiit de ses hommes, se lient au seuil du passage des Feuillants.) Pourquoi,
vous autres, n'êtes-vous pas aussi devant le Château ?
Nous veillons sur le corps de garde, où sont enfermés des aristocrates qui allaient renforcer la garnison des Tuileries. Dès leur investissement, on a intercepté une petite bande, armée d'espingoles, qui s'acheminait par les Champs- Elysées. (Montrant le fond du passage.) Elle est là. Et à chaque instant, on peut nous amener quelque nouveau chevalier du poignard. (Averti par nii mouvement dans ht foule.) En voici un de plus!