ACTE IV, SCÈNE UI
leries, pour se mettre sous la protection de l' Assemblée. (Indiquant le jardin des Tuileries.) On les voit venir à travers les arbres.
P R E M I K R CITOYEN, indiquant le perron.
Ils n'ont pas d'autre chemin que de monter par ces degrés. Nous allons pouvoir leur dire leurs vérités de bien près.
LA BRANCHU, regardant au loin, hissée sur une chaise.
Les gardes-suisses approchent sur deux files, la pointe des fusils en bas, comme pour les enterrements. Monsieur Veto marche à côté du syndic Rœderer. Ils se parlent.
PREMIÈRE CITOYENNE
Et l'Autrichienne? Est-ce qu'on l'aperçoit?
LA B R A N C H U , rfe wéme.
Oui, au second rang. Elle donne la main au Dauphin. Le petit gars s'amuse à pousser des feuilles, avec ses pieds, dans les jambes de chacun. Celui-là, on ne peut pas nier qu'il soit mignon : il a des cheveux bouclés comme mes enfants.
DEUXIÈME CITOYEN
Ces gens-là sont la cause de tous nos mal-
heurs ! Ils ne doivent pas entrer à l'Assemblée !
LA FOULE
Non ! non 1
TROISIÈME CITOYEN
Barrons-leur le passage 1
UN CITOYEN-GÉANT, brandissant une perche.
Hardi !... Il est temps que ça finisse! (Il fait le simulacre d'assommer.) A bas ! à bas!...
LA F O U L K , criant longuement vers le jardin. A bas !.. . à bas !.. . à bas ! ... à bas !.. .
LA BRANCHU, toujours à son observatoire.
La colonne militaire fait halte. Un capitaine de chasseurs se dirige vers nous.
DEUXIÈME CITOYEN
Qu'est-ce qu'il veut?
LA BRANCHU
Il a le sabre au fourreau.
TROISIÈME CITOYEN
Je le connais : c'est le capitaine Viard.