ACTE I, SCÈNE VII 3y
l'AULETTE, à viadaine Vilard-Dnval.
Si Marianne ne vous a rien dit, ma tante, la lutte en est à moi... J'apportais de ma province une impatience si folle de courir les couturiers et les modistes!... J'ai enlevé votre fille sans avoir demandé à vous voir. (A Hubert.) Et, quand je me suis aperçue de ma grossièreté, je n'avais plus qu'une ressource : j'ai prié Marianne de dissimuler à ma tante que j'étais venue.
HUBERT, rt Paillette.
Vous ne m'aviez pas raconté cette histoire?
MARIANNE, à Hubert.
C'était sans importance!
HUBERT, affectant la négligence.
Evidemmeiit, c'était sans importance!
PAULETTE, à M"" Vilard-Duual, ires vivemenl et bas, pendant que son mari a le dos tourné et marche en tortillant sa moustache.
Ma tante, excusez-moi !
HUBERT, revenant à Marianne, aire un sourire contraint.
Il est pourtant compréhensible que j'éprouve un peu d'étomiement. Vous ne trouvez pas?...
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MARIANNE, cachant sa gêne dans de la promptitude à répondre.
Mais non, cher ami...
MADAME VILARD-DUVAL, coupant la parole à Marianne pour s'en charger. A Hubert,
Vous allez comprendre combien la chose est simple. (Hubert marque, avec un pas vers elle, sa confiance comme dans un oracle. — A Paulctte.) Sache que ma fille n'a pas de cachotteries envers moi. Je n'ignore rien de ce qui a occupé toutes ses heures d'hier. Mais comme elle tenait à ce que je ne te fisse pas grise mine pour ta négligence à mon endroit, nous étions convenues que je me récrierais d'étonnement quand tu voudrais bien te présenter à moi...
PAULETTE, avec embarras.
Ma tante ! . . .
MADAME VILARD-DUVAL, à //i/ic;/.
Je viens de jouer mon personnage.
HUBERT, avec un visage tout à fait détendu.
Bravo ! . . . Figurez-vous que, pendant un instant !... (Il s'arrête, nevoulant pas articuler qu'il a failli se prendre pour un... mari trompé.) Mais, avec tout
ACIEI, SCENE VIII 4!
cela, le temps passe! (Consnllanl sa monlie.) Je perdais de vue que j'ai un rendez-vous, au club. Je suis bien fâché d'avoir à prendre congé
de vous, ma tante. (Il a baisé la main de madame Vilard-Duval. — A Marianne, qui l'accompagne vers la porte du fond.) Je VOUS dis : Au revoir... (De loin à sa femme.) Allons, Paulette, emmenez-moi.
PAULETTE, à madame Vilard-Duval.
Je voudrais vous demander bien pardon!...
MADAME VILARD-DUVAL
Emboîte le pas à ton mari. Un autre jour, tu me feras ta visite. Tu m'en dois une, (Hubert et Paulette sortent.)