ACTE IV, SCENE I I
je le reconnais. Et, cependant, cet lionime, je n'ai pu reporter mes yeux sur lui, aussi longtemps que notre petit-fils a été en péril. Il me semblait toujours que c'était son alliance impie avec notre fille qui faisait planer sur elle une terrible chose !
VILARD-DUVAL
Je sais la persistance de votre grief. Je n'ai même qu'à vous remercier d'avoir tant pris sur vous pour sauvegarder la paix de notre fiimillc. Et, pourtant, me voici à rêver, de votre part, un effort en plus...
MADAME VILARD-DUVAL
Que vous êtes-vous mis en tête ?
VILARD-DUVAL
Les convenances vous ont fait admettre que le mari de notre fille fréquentât chez nous. Mais vous vous êtes refusée constamment à vous rendre chez lui... Or, c'est là que Marianne va bientôt débarquer, après deux sombres semaines. Par la vaillance de ses soins elle a sauvegardé nos joies. Elle nous rapporte du bonheur. Ne viendrez-vous pas, avec moi, saluer son retour heureux?... (Madame Vilard-DmaJ fait
/(/; geste de dèiiègai'wii.) Oh! sî!... En rentrant dans sa demeure, ce serait vous, d'abord, qu'elle y apercevrait !
MADAME VILARD-DUVAL
J'ai tenu à connaître le moins possible cette vie conjugale de Marianne. Je ne franchirai jamais le seuil d'un intérieur où se respire l'offense aux idées que je vénère.
VILARD-DUVAL
Ne vous prononcez pas tout de suite définitivement. Vous allez réfléchir. Je vais passer un vêtement, et je reviens vous chercher.
MADAME VILARD-DUVAL
Je ne vous suivrai pas.
VILARD-DUVAL
Consultez encore vos sentiments maternels. Vous avez cinq minutes pour modifier votre décision. (Il sort par la porte de gauche, au second plan.)