‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 1 sur 134 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Un salon, dans un pavillon de chasse datant du XV* siècle. — A gauche, au premier plan, une étroite fenêtre ne s'ouvrant pas, à vitraux, et à meneaux de pierre ; au second, obliquement, une porte en arceau profond, donnant sur le jardin. — Au fond, une haute cheminée, surmontée d'un portrait de famille. A droite de la cheminée, une baie fermée par une portière de vieille tapisserie. — A droite, au premier plan, une bibliothèque; au second, une porte. — Tables, sièges, lampes allumées.

SCÈ'X.E 'P%E!^CIÈ%E

LAURENT, puis GÉRARD, puis RAY- MOND, entrant l'un après l'autre par la porte de droite, second plan.

Bonsoir, Laurent.

• Eviered, accordlng to Act of Congress, in ihe year i^oi, hy M' Paul Hervicti, in ihe office of ihe Librarian of Congress, ai Washiti^ion. — AU Riohis reserved.

LAURENT

Le domestique m'a fait entrer ici. J'avais demandé à voir l'un de ces messieurs, quand ils auraient fini leur dîner...

GÉRARD

Oui, c'est bien. (Entrée de Raymond.) Voici mon frère aussi. Nous te recevons avant que l'on soit revenu de table. Si tu n'en as que pour quelques minutes, tu ne nous déranges pas... Qu'est-ce qui t'amène?

LAURENT

Monsieur Gérard, je sais aujourd'hui quels sont ceux qui braconnent sur le domaine. C'est toute une bande de charbonniers, qui campent en ce moment sur la lisière des hêtres.

RAYMOND

Il ne s'agit pas d'être renseigné sur eux, mais de leur mettre la main au collet.

LAURENT

Monsieur Raymond, je m'emploierai à ça, cette nuit. Mais j'aurai affaire à des gens comme il n'y en a pas de pires. Alors donc, s'il doit m'arriver que j'y sois de ma peau, j'avais be-

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soin que ces messieurs sachent d'avance à qui la faire pa3'er. A présent, je m'en rapporte à eux, et voilà qui est dit.

GÉRARD

Tu seras bien assisté de ton camarade ?

Il est rentré malade, avant la soupe. Il ne tient pas debout. Il ne se retrouvera pas sur pied, sans doute, avant deux ou trois jours.

RAYMOND

Eh bien ! attends qu'il soit rétabli. Ne te risque pas à opérer sans compagnon contre des malfaiteurs dangereux.

LAURENT

Est-ce que je peux les laisser, cette nuit, jeter le traîneau, comme j'ai appris qu'ils y comptent, sur tout ce pauvre gibier, dans le quartier des Cinq-Champs et dans celui du Moulin-Brûlé !

RAYMOND

Nos meilleures remises!... Les canailles!...

GÉRARD

Tu as raison, Laurent, on ne les laissera pas faire ! (A Raymond.) Xous l'escorterons, hein ?

RAYMOND

Parbleu, oui!... (A Laurent.) A quelle heure faudra-t-il être en route ?

LAURENT

Comme ces gcns-là travailleront aussitôt après le coucher de la lune, j'ai décidé de partir sur les quatre heures et demie.

RAYMOND

A cette heure-là, viens nous prendre devant le perron. Nous déciderons s'il faut emmener un chien. Je descendrai une lanterne que j'ai là-haut. Et maintenant, va faire un somme... Qu'est-ce qui te retient?

LAURENT

Vrai, si ces messieurs me permettaient d'avoir une opinion, ce serait qu'ils restent tranquillement couchés... Là-bas, on peut leur tirer dessus...

RAYMOND

Eh bien ! nous serons trois à riposter. Tu ne trouvais pas mauvais pour toi d'aller seul.

LAURENT

Moi, je suis garde, je suis commandé par mon service.

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