ACTE III. SCÈNE IX
saurais ni vous faire ainsi aller et venir, ni vous assurer les ménagements et aises qui vous sont dus.
MADAME F O N T E X A I S
Bref, tu me considères comme un colis gênant!
SABINE
Vous vous formalisez : c'est injuste. Je suis guidée avant tout, dans ce que je vous exprime, par l'idée de votre bien-être... de votre bien...
MADAME F O N T E X A I S
Allons donc ! Tu me punis. Tu me bannis de ta présence. Tu as arrangé que toi, ta fille et ton gendre, vous ne soyez là-bas qu'entre vous, les trois têtes dans le même bonnet, loin de la vieille, qu'on maudit quand elle ne paie point, et dont on ne s'encombre pas quand elle paie!... Eh bien! les égards dont on me prive, c'est donc à moi de me les assurer. Et, puisque je tiens les cordons de la bourse, je décide qu'on ne me laissera pas seule. Ta fille a, pour l'accompagner, son mari qui ne saurait rien faire de mieux actuellement que de s'employer à la remettre et à la distraire. Nous leur ad-
joindrons, s'il te plaît, l'assistance d'une religieuse. Ce n'est pas inhumain de faire voyager de la sorte une jeune femme de vingt et un ans, qui s'est trop excité les nerfs. Mais si tu pars, je partirai. Si je demeure ici, tu ne t'en iras pas !
Oh ! n'exercez pas sur moi la pression de ma pauvreté ! . . .