ACTE IV. SCÈNE VIII
Ma chère Sabine, ne pleure pas ainsi ! (Les gémissements de Sabine scandent les paroles de madame Fontenais.) Ah! tes pauvres sanglots agissent bien autrement sur moi que tes colères, contre lesquelles je fus peut-être trop intraitable et dure... Mais que puis-je faire pour te consoler?... Voyons : j'accorderai tout ce qui sera nécessaire... Oui! Que ton père me pardonne si je m'apprête à trahir mon serment ! Ma fille, je parlerai à ton gendre. Je mettrai le prix qu'il demandera pour le retenir avec Marie- Jeanne !
SABINE
Ils ne vous écouteront pas. Ils sont ivres maintenant d'illusions. Ils voient, dans leur rêve, danser les millions. Vos ressources entières seraient trop modestes aujourd'hui pour satisfaire leurs nouvelles exigences... Ils s'en iront... Et je m'efforcerai d'oubher Marie- Jeanne!... Après la sensation de glace qu'elle a jetée sur moi, elle n'a plus le pouvoir de me faire, près d'elle, ressentir du chaud. Je n'ai plus de fille!... Je n'ai plus que vous. Je n'ai, sans doute jamais eu que vous, pour qui je fus un monstre. Ne me contredisez pas ! Laissez-
moi seulement me promettre une vie désormais prosternée devant vous, où, dans le repentir, j'implorerai de reposer ainsi ma tête, si lourde, sur vos genoux!... Mais quoi? Qu'avez-vous ?
MADAME F O N T E N A I s , essayant de se lever. Ah ! (Elle tombe.)
Oh! Oh! Non! Ce n'est pas cela!... Parlez donc!... Faites un signe!... Comme elle serre
ma main ! (Sabine se dégage violeiinnent.) Et ces
yeux!... Morte!... Elle est morte!... Pour ma fille, j'ai tué ma mère!
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