SCE'X.E IV
MARAVON, DIDIER.
MARAVON.
Bonjour, mon cher Didier !
Pardonne-moi de t'avoir fait attendre. Je ne sais plus où j'en suis!.,. D'abord, ce qui domine tout, c'est que Marie-Jeanne, il y a quelques heures, m'a donné les plus atroces inquiétudes.
MARAVON.
Comment cela? Madame Fontenais, qui m'a reçu, n'a fait aucune allusion à ce sujet.
DIDIER
Elle est sûrement dans l'ignorance. Nous voici divisés dans cette maison en deux camps, qui ne communiquent point... Depuis le temps que Marie-Jeanne a été appelée à partager mes transes, tu sais qu'elle dépérit. Dès la dernière
quinzaine, elle a commencé à m'inspirer des craintes, par des lividités ou de brusques rougeurs qui lui montent au visage, pour un mot plus haut que l'autre, pour un craquement de boiserie... Or, la dernière soirée ayant été très orageuse, quand la grand'mère eut rompu avec nous, battu la porte et regagné sa chambre, Marie-Jeanne, qui s'était exaspérée dans la querelle, a tout d'un coup défailli. Elle est tombée dans mes bras, à la renverse.
Oh ! là !
DIDIER
Portée sur son lit, elle y est demeurée absolument évanouie pendant un grand quart d'heure. Il était si tard que nous n'avions plus là de domestique. J'ai dû laisser ma femme aux soins de sa mère, et courir moi-même chercher le médecin de la famille.
Quel a été son avis ?
DIDIER
Madame Revel et moi, nous l'avons harcelé pour lui faire dire que ce ne serait rien. Il ne l'a pas dit! Il a promis de se prononcer, ce