ACTE I, SCIiNE IX
MADAME DE S A B É C O U R T , vivement.
Ah ! cela, ma chère, me fait si peur! Car les situations de ce genre, on les ignore. . . quelquefois. Elles peuvent être de la veille...
Voyez-vous, je suis un vieux militaire. Je professe que lorsque l'on a quelque chose à exprimer contre quelqu'un... N'est-ce pas, docteur?
LE DOCTEUR
On se tait.
LIGUEIL.
Ah!... Moi, je lui dis ça en face,
SAIXT-CHEF.
Merci, on se fait flanquer des gifles.
LIGUEIL.
Cela ne vous semble donc pas monstrueux que, dans la vie des salons, le jour, le soir, sans enquête, sans garantie, sans conviction même, on accuse, on condamne! Seulement, ah! seulement!... on n'exécute pas...
MADAME DE SABÉCOURT.
On ne peut pas vivre comme des loups.
Mais pourquoi ne pas admettre que l'on soit en société de gens semblables à soi, c'est-à-dire tout ce qu'il y a de mieux?... « — M. Un tel, il fait la poussette ! Mme Une telle, c'est son oncle qui l'entretient!... — Ah! bah! qui est-ce qui vous a dit cela?... — Je ne sais plus. Mais attendez donc, il me semble que c'est vous. — Moi? jamais de la vie!... Quand ça, donc?... Moi? moi? Alors, c'est qu'on me l'avait dit... » (Une farandole de danseurs cl de danseuses passe dans la galerie.)
MADAME DE SABÉCOURT.
Et notre cotillon qui est commencé! Mon cher commandant, si vous voulez continuer à prêcher, nous vous laissons dans le désert. Allons, monsieur Hermann, je vous enlève.
SAINT-CHEF, à Lady Bristol.
Milady, enlevez-moi ! (Les deux jeunes gens sortent avec les deux fe)iiines.)