SCÈ'K.E XIII RÉGINE, NOHAN
Franchement, en quoi ai-je eu la maladresse de vous fâcher?
NOHAN
Je ne comprends pas votre question, mademoiselle.
Vous êtes maintenant, avec moi, comme lorsque l'on a quelque chose contre quelqu'un... Ce soir même, vous alliez éviter de me donner la main.
Admettez que je sois un sauvage ; ne me reprochez pas une humeur à laquelle je ne puis rien.
REGINE.
C'est moi seule que j'accuse; mais, par exemple, sans savoir de quoi... Quand mes cousins de Ligueil, après la mort de mon père, m'ont offert l'hospitalité, vous étiez comme l'enfant de leur maison. Vous veniez constamment déjeuner, dîner, chercher le commandant pour une promenade à cheval. Et ainsi, vous et moi, nous avons alors véritablement fait connaissance. Même il m'avait semblé que nous avions été tout de suite de vieux camarades ! Vous aviez une façon si cordiale, si aisée de me traiter... en garçon, que j'en étais bien un peu confuse... mais très contente.
NOHAN
J'ai eu tort, mademoiselle, à mon insu, d'avoir une telle familiarité, puisque vous l'avez sentie.
Pardonnez-moi les mots, puisque je les emploie à vous remercier des choses... Ce qui est certain, c'est que, après avoir eu le temps d'approfondir mon caractère, quand vous avez dû savoir tout à fait bien ce que j'étais, comment j'étais, alors que j'espérais mériter de