‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 35 sur 176 · ACTE II, SCENE X · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE X

regarder ne me parle pas; ça me donnerait des distractions... Ah! la coquette! Elle a inventé une nouvelle coiffure, pour faire la grande personne... Que je t'embrasse encore, d'avoir gardé tes bonnes couleurs!...

ISABELLE

Oh! je les ai encore plus de vous avoir revue.

LAURE

Tu n'as pas oublié que tu allais ni'être rendue dans trois jours.

ISABELLE, g raveineiit.

J'y pense sans cesse.

Comme tu dis cela!... Comme te voilà sérieuse? On voit que tu as un mois de plus : tu as pris de l'âge. Je plaisante, mais pourtant c'est bien long, un mois, pour qui en compte les heures et les minutes.

ISABELLE

Je les ai comptées.

8o LA LOI DE l'homme

LAURE

Vrai?... Comme moi?...

ISABELLE

Jamais je n'ai eu tant hâte de vous voir.

LAURE

Ah! bah!

ISABELLE

En plus de vous dire que vous êtes ma petite mère adorée, j'ai encore quelque chose d'important...

LAURE

Quoi donc, grand Dieu ?

ISABELLE

Quelque chose dont je ne serai heureuse que quand j'aurai vu dans vos yeux que vous en êtes contente aussi.

En finiras-tu, petite mystérieuse?

ISABELLE

Il y a un jeune homme qui veut m'épouser.

ACTEII.SCÈNEX Si

Voyez-vous cela? Et il s'est permis de te le déclarer... en valsant, n'est-ce pas?... dans cette soirée de Cabourg, où tu m'as écrit que tu t'étais tant amusée?

Non, en dansant nous ne nous sommes iamais rien dit.

Tu lui auras répondu, j'imagine, que tu étais une enfant, et que les enfants ne se mariaient pas?

ISABELLE

Oh ! maman, ne vous moquez pas de moi !

LAURE

Alors tu auras eu, au moins, la réserve de te taire?

ISABELLE

J'ai parlé!

LAURE

Qu'as-tu dit?

82 LALOIDEL' HOMME

ISABELLE

Je ne lui ai pas caché mon plaisir que ses intentions fussent bien accueillies par mon père...

L A U R E , mécontente.

Ah!

ISABELLE

Ht je me suis empressée d'ajouter qu'il nous fallait, avant tout, être aussi approuvés par ma chère mère...

Tu es une folle. Je vois que je ne peux plus te laisser un mois de suite hors de ma surveillance sans que tu ne formes les projets les plus extravagants.

ISABELLE

Oh! maman, je vous assure que je n'ai que des idées très raisonnables... C'est un jeune homme irréprochable. Et dès que vous l'aurez vu, vous ne pourrez pas vous empêcher d'avoir de la sympathie pour lui... Accordez-moi seulement de lui parler quelques instants.

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