ACTE III, SCENE II
elle d'ignominie, et pour moi de honte jalouse, dans ce qu'elle m'a fait là!
ISABELLE, baissant les yeux.
Je comprends que vous avez beaucoup souffert.
LAURE
Mon enfant, mon enfant! faut-il que j'en sois à fouiller le secret de tes pudeurs, et à souhaiter, pour que ta révolte monte à l'unisson de la mienne, que tu n'aies plus ces saintes ignorances, dont les autres mères font leurs joies les plus pures !... Pardon, ma petite, pardon! Ne cache pas ta rougeur. Ce serait à moi de me cacher; mais un sentiment plus fort m'emporte. Laisse-moi finir : cette femme que je hais, que je méprise, qui a pris ma place d'épouse, c'est elle aujourd'hui qui veut prendre ma place de mère et t'avoir pour fille aussi bien que tu es à moi !
ISABELLE
Oh!
Oui, pleure, pleure avec moi! Dis-moi que tu me pardonnes, que je ne suis pas un monstre
lOO LA LOI DE L HOMME
de t'arracher ces grosses et lourdes larmes? Dis-moi que je ne pouvais pas supporter cela, que je ne t'ai pas donné la vie pour la partager, ou même me la laisser prendre tout entière par celle qui a détruit la mienne ! Parle, décide, laisse échapper le cri de ton cœur!...
Je ne veux pas que vous soyez malheureuse ! J'aime mieux qu'il n'y ait que moi...
LAURE
Ne dis pas cela! Je te consolerai, je te guérirai, toute ma vie sera consacrée à faire ton bonheur ! Ma chérie, mon adorée, merci !
SCE'KE 111 Les Mêmes, ANDRÉ D'ORCIEU.
ISABELLE, avec désespoir.
André!