‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 46 sur 176 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

pas, je ne veux pas y croire. Comment votre mère vous a-t-elle fait changer ainsi? (Silence navré d' Isabelle.) ]e m'étais donc trompé? j'avais donc tort d'être si sûr que nos sentiments étaient pareils?... Vous si franche, en qui, de toute mon âme, je voyais si clairement, qu'êtesvous devenue ? Je ne vous retrouve plus, je m'égare... Aidez-moi... Expliquez-vous!...

ISABELLE

Je ne peux pas.

AIIDPvÉ.

Vous ne m'aurez pas longtemps aimé!

ISABELLE

Taisez-vous!

ANDRÉ

Moi, quoi que je devienne, je vous aimerai jusqu'à mon dernier soupir...

ISABELLE

Je ne me marierai jamais.

ANDRÉ

Vous dites cela; vous vous l'imaginez, ma

I06 LA LOI DE l'homme

pauvre Isabelle!... Vous vous imaginiez bien aussi dire la vérité, la première fois où, dans votre regard et dans votre sourire, vous m'avez laissé lire que vous m'accorderiez votre main... Ce moment-là, est-ce que vous vous en souvenez encore ?

ISABELLE

Ne me torturez pas !

ANDRÉ

C'était sur la terrasse de la villa de votre père, à la fin de la journée. Nous étions seuls, accoudés côte à côte. Nous regardions le soleil descendre dans la mer. Vous avez murmuré : « Comme c'est bon ce qui est beau ! » J'ai répondu oui, en vous contemplant. Vous avez baissé les yeux, comprenant que c'était vous qui étiez bonne d'être belle. Je pris votre main, votre petite main, que je sentis frémir dans la mienne, et vouloir y rester... (Il veut lui prendre la main.)

ISABELLE

Oh ! Laissez-moi ! Vous voyez bien que vous m'avez ùté tout mon courage !

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