ACTE I, SCENE II I
Oh! indispensable, non! Mais, vous savez, on est un petit groupe à ne faire sa partie qu'entre soi. On se quitte à sept heures en se disant : « Viendrez-vous ce soir? — Je viendrai si vous venez. — Eh bien, je viendrai ! » Alors on a un but, un peu une parole à tenir.
PAULINE
Ne vous demandez-vous jamais si vous n'auriez pas un but plus sérieux à poursuivre? Oui : la pacification de votre intérieur. Que pensezvous qu'éprouve votre femme toutes les fois que vous la laissez seule, à votre foyer ?
FERGAN
Ma femme? Elle en est enchantée! Vous avez pu constater combien elle était maussade, désobhgeante pour moi pendant le temps du dîner? Eh bien, dès qu'elle va me savoir parti, je parie qu'elle redevient tout aimable, toute gaie. Dès que j'arrive où elle est, je vois aussitôt sa figure se renfrogner ; je m'éloigne, il lui vient tout de suite un air de délivrance.
PAULINE
Au heu de vous complaire dans ce genre
d'observations, vous fcrie;; mieux de tout essayer pour remédier à un état de choses qui est grave.
Que voulez-vous que j'y fasse? C'est Irène qui a pris les allures de ne plus pouvoir me supporter. Cela a commencé je ne sais comment, cela continue je ne sais pourquoi : je ne veux même pas me donner l'air de m'en apercevoir.
PAULINE
Si vous vous entêtez ainsi de votre côté, elle s'entêtera du sien. Et le mal, entre vous, ira toujours en s'aggravant.
FERGAN
Tant pis ! Moi, j.'ai beau chercher, ma conscience ne me reproche rien. De quoi Irène se plaint-elle?
PAULINE
De rien précisément... De n'être pas heureuse.
FERGAN
Croit-elle que je le sois! Avec ses bizarreries