‹ ThéâtreChapitre 48 sur 112 · G IL · texte numérisé non relu

G IL

Croyez-moi, n'attendez pas ce voleur.

RICARDO

Que voulez-vous, Eusebio ?

gil, bas, à Menga. Ne l'a-t-il pas appelé Eusebio?

menga, b as, à Gil.

Oui.

eusebio, à Gil et à Menga, En effet, mes amis, c'est moi qui suis Eusebio... Qu'aYez-vous jonc contre moi? Vous ne répondez pas ?

MENGA.

Allons, Gil, toi qui as la fronde et le bâton.

GIL

J'ai le diable qui t'emporte 1

CELIO

Dans la paisible vallée qui est entre la montagne et la mer, j'ai vu une foule de paysans armés qui viennent contre vous, et qui ne tarderont pas à paraître. C'est Curcio, je pense, qui les conduit, avec le désir de se venger. Voyez ce que nous devons faire: le mieux ne serait-il pas de réunir la troupe et de partir ?

EUSEBIO

Oui , partons ; j'ai pour cette nuit un projet important. Venez tous deux avec moi, vous, mes plus chers compagnons, à qui je me confie de préférence.

RICARDO

Vous avez bien raison, vive Dieu!.... car je me ferais tuer pour vous s'il le fallait.

eusebio, à Gil et à Menga.

Drôles que vous êtes, je vous laisse la vie à condition que vous porterez de ma part un message à Curcio. Vous lui direz que moi et ma brave troupe nous ne voulons pas l'attaquer et ne cherchons qu'à nous défendre; qu'il n'a aucun motif de me persécuter comme il fait, puisque je n'ai point donné la mort à son fils par trahison ; que je l'ai tué en nous battant corps à corps, à armes égales, et qu'avant qu'il eût rendu le dernier soupir, je l'ai porté dans mes bras en un lieu où il pût se confesser; que son père devrait m'en

cire reconnaissant; et que s'il cherche ma perte, je me défendrai. (Â Ricardo et à Celio.) Et maintenant, pour que ces paysans ne voient pas où nous allons, attachez-les à ces arbres, les yeux bandés, afin qu'ils ne puissent rien dire.

RICARDO

Voici une corde.

CELIO

Faisons vite.

On attache à des arbres Gil et Menga GIL.

Voilà qu'on m'a mis comme un saint Sébastien *.

MENGA.

Et moi comme une sainte Sébastienne 2. Mais attachez-moi tant qu'il vous plaira, seigneur ; tout ce que je demande, c'est qu'on ne me tue pas.

GIL

Écoutez, seigneur; ne m'attachez pas, et que je sois un fichu gueux si je m'en vais 3. Fais le même serment, toi, Menga.

CELIO

Les voilà bien attachés.

EUSEBIO

A cette heure, allons exécuter mon projet. La nuit commence à étendre au loin ses sombres voiles. O Julia! vainement le ciel luimême te garde; bientôt je vais posséder ta beauté!

Les brigands sortent, laissant Gil et Menga attachés. GIL.

Si quelqu'un venait,, Menga !... Bien qu'il nous en coûte cher, on ne pourra pas dire que ce n'est pas ici le Peralvillo du pays 4.

MENGA.

Viens par ici Gil, car je ne puis bouger.

GIL

Viens d'abord me délier, Menga, et aussitôt après je te rendrai le même service.

MENGA.

Viens d'abord, toi , tu m'ennuies de me faire attendre.

gil.

11 faudra bien qu'il vienne quelqu'un à la fin. Et s'il ne passe pas de muletier, il passera toujours bien ou un voyageur, ou un

1 Saint Sébastien est représenté attaché à un arbre. Nous avons traduit mol à mol :

De San Sebastiana à m*.

3 l'espagnol dit, I puto sea etc. Puto est le masculin députa , horrible mot que uou» i sons traduire littéralement.

4 Peralvillo est un bourg d'Espagne , près de Cmdad-Rodrigo , où les archers de ta S^Hiic-Iiermamiad avaient coutume d'exécuter, avant tout procès, sauf à voir ensuite, b'5 criminels qu'ils avaient arrêtés en flagrant délit. De la , pour dire en espagnol une

uslice expeditive, on dit, La justice de Peralvillo.

JOURNEE II, SCKNE, t. 159

étudiant, ou quelque quêteuse charitable1; car ça n'a jamais manqué. Mais, hélas! c'est ma faute à moi.

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