M EX DO
Ah! jalousie! peine cruelle!... Je les chasserais bien tous à coupg d'épée; mais je dois cacher mon mécontentement jusqu'à ce que je sache s'il y a en ceci de sa faute.
NUÑO
En ce cas. nous pouvons nous asseoir.
MENDO.
Ouï; de celte façon je zie serai pas reconnu.
REBOLLEDO.
L'homme s'est assis. On dirait une ame en peine qui rôde la nuit pour expier ses fautes. Il a un bouclier. — Allons, l'Étincelle, en avant une petite chanson qui nous ragaillardisse.
l'étincelle.
Je ne demande pas mieux.
Entrent DON LOPE et CRESPO , chacun d'un côté différent et l'épée L
la main.
l'étincelle, chaulant.
Vous connaissez Sam payo, La fleur des Andaloux, Le faraud de meilleure mine, Et le plus célèbre des rufiens.
Un jour il trouva la Criarde ', Le soir à l'entrée de la nuit, Qui causait avec le beau Garlo Dans le coin d'un cabaret.
Et Garlo, comme vous savez, Est un bon et franc luron Qui n'entend pas la plaisanterie, Et ne se laisse pas marcher sur le pied. Il tira donc aussitôt son épée,
Et frappant d'estoc et de taille
Don Lope et Crespo se précipitent sur les chanteurs , l'épée à la main.
CRESPO
Ce fut de cette manière.
DON LOPE
Il s'y prit de la sorte. {Les chanteurs fuient dispersés.) Les voilà en déroute. {Apercevant Pedro Crespo.) Mais non ; en voici un qui s'obstine à rester.
CRESPO
^elui-ci qui tient ferme est, sans doute quelque soldat.
¿o.\ LOPE, oelui-là aura aussi son affaire.
Il y a ici une plaisanterie, une grâce, qni tient en grande partie à la versificatioo et qu'il serait impossible de reproduire Ces , à peu pros , comme si l'Étincelle venait de chanter « II rencontra Vautre jour Gérardi», et que Rebolledo l'interrompit immédia- Uraent en disant aux autres soldats . « La rime veut que ce fut un tnardi. »
Ils ge nauftat
CRESPO
Mais je le ferai décamper, lui aussi.
DON LOPE
Allons, suivez les autres.
CRESPO
Suivez-les vous-même, ou je vous ferai courir,
don lope, à part.
Vive Dieu! il se bat bien.
crespo, à part.
Vive Dieu! il n'a pas peur.
JUAN accourt l'cpée à la main.
JUAN, à par* Pourvu que je le trouve ! {A Crespo.) Seigneur, me voici à votre côté.
DON LOPE
N'est-ce pas Pedro Crespo ?
CRESPO
Moi-même. Et vous, n'êtes-vous pas don Lope?
DON LOPE
Oui, je suis don Lope. Mais quoi! n'aviez-vous pas dit que vous ne sortiriez pas? Voilà un bel exploit!
CRESPO
Je ne vois pas ce que vous avez à dire : vous avez fait tout comme moi.
DON LOPE
Moi, crest différent; j'étais offensé.
CRESPO
Et moi, à vous parler franchement, je suis venu me battre pour vous tenir compagnie.
des soldats, du dehors.
Marchons tous ensemble contre ces vilains pour les exterminer. le capitaine, du dehors.
Prenez bien garde !
Ils entrent tous.
DON LOPE
Un moment! Ne suis-je donc pas ici? Que signifie cette conduite? le capitaine.
Les soldats s'amusaient dans cette rue à chanter doucement et sans bruit; il s'est élevé parmi eux une dispute, et j'étais venu mettre la paix.