SCENE V
MADAME T.ESERRE, (seule un moment, puis) JULES.
M™* LESERRE. — 11 a si peu de vêtements. Je suis honteuse. — il s'en achètera. Tout ira bien maintenant. Si seulerrient... ŒUe va sortir à gauche, /orsqu'on frappe à la porte du fond. ) Entrez !
JULES entre. — Bor.jovir, madame. Vous voyez, je tiens ma promesse. — Mais c'est bien Georges qvii justement descend la rue?
M°" LESERRE. — Oui. Il vient de sortir.
JULES. — J'arrive du côté opposé. Comme il allait vite. Il courait presque. (Il la regarde.) Personne chez vous n'est malade?
M°" LESERRE. — Au contraire. Il a reçu une bonne nouvelle.
JULES, vivement. — Ah!
M"" LESERRE. — 11 est nonuné professeur à l'athénée de Schaerbeek.
JULES. — Oh. que je suis contenti Que je suis heureux! (Réellement ému.) pour lui — pour vous, chère madame!
M"" LESERRE. — Merci! Merci! Vous avez toujours été si bon pour nous. Mais asseyez-vous, monsieur l'avocat — oh pardon, monsieur le juge. Elxcusez une vieille femme d'être un i>eu lente à retenir votre nouveau titre.
JULES. — Oh, laissons les titres, je voxis en prie. Appelez-moi encore M. Carbonnier.
M"' LESERRE, très étonnée. — Vraiment! Vou» n'êtes pas comme les autres? Vous préférez...?
JULES l'interrompt. — Oui, madame.
Af"" LESERRE. — Comme vous voulez. — Mais asseyez-vous. Georges va rentrer. Il est allé télégraphier à M. Wolff. C'est M. Wolff qui lui a trouvé cet emploi.
JULES. — Oui, Wolff est un dévoué camarade. — Eh bien! N'avais-je pas raison, madame Leserre! Le voilà revenu le printemps, le soleil. (Elle sourit.) Quelle belle vie vous allez avoir maintenant tou» deux! La capitale a toujours été le rêve de Georges.
M^" LESERRE. — Ah oui, il voudra que j'aille demeurer avec lui à Bruxelles. Et je ne demanderai» pas mieux, s'il n'y avait pas — pas... (Elle hésite.)
JULES. — Il y a encore un nuage devant le soleil?
Af™* LESERRE. — Ce que je vais vous dire, vous ne le lui répéterez pas? Vous me le promettez?