ACTE V toi
LICHNOWSKY. — Oui. j'ai eu chaud.
LA PRINCESSE. — Moi. j'allais devenir folle.
(Henri introduit Fritz qui avance jusqu'auprès de ses maîtres. Fritz porte un costume d'ouvrier au repos. Dans la main gauche il tient sa casquette, dans la droite, deux lettres. Les regards de toute la salle sont fixés sur lui et Lichnows^y.)
FRITZ. — Monseigneur! M. Beethoven qui est venu me trouver tantôt —
LICHNOWSKY, vivement. — Chez vous? Quand?
FRITZ. — Il y a — vinçt-cinq minutes. J'étais dans ma cuisine. On frappe à la porte, j'ouvre et c'est M. Beethoven avec qui j'avais parfois causé au parc. Il avait sur le dos son sac de voyage tout bourré de — de choses. (Trouble de Lichnowsify . ) Dans sa droite il tenait un gros bâton de voyageur, il avait l'air très agité.
LICHNOWSKY. — Ah!
KINSKY , qui a entendu, aux autres invités. — Beethoven est parti.
WEDELL. — Et sans lui l'orchestre ne veut pas jouer l'Héroïque.
LA BARONNE DE WEDELL. — Et sans lui on ne veut pas l'entendre.
LA COMTESSE ALTENBERG. — Alors la fête n'aura pas lieu?
LE MONSIEUR GFUNCHEUX. — On se moque de nous.
(Mouvement dans l'assemblée.)
UCHNOWSKY, sévère à Fritz. — Pourquoi n'êtes- vous pas venu plus tôt? Votre maison n'est qu'à cinq minutes d'ici.
FRITZ — J'ai dû me nettoyer, monseigneur, et me changer. Tel que j étais, je ne pouvais me présenter chez vous.
UCHNOWSKY. — Et qu'est-ce que M. Beethoven vous a dit?
FRITZ. — Il était pressé. Il prenait, disait-il, la ma'le-poste à Troppau pour retovimer à Vienne. E" il est parti.
KINSKY, aux autres invités. — Beethoven est parti pour Vienne.
^Le rnouveinent et le remuement augmentent. Les musiciens remettent leurs instruments dans les caisses et les boîtes et Quittent leurs sièges. Tout le monde est debout, prêt à s'en aller. Entretemps :)
UCHNOWSKY, au jardinier. — C'est tout?
FRITZ. — II m'a dit que vous attendiez de ses nouvelles et m'a prié de vous porter ces deux lettres, une pour vous et l'autre pour mademoiselle Brunswick, f/? donne les lettres à leurs destinataires.)
UCHNOWSKY, pendant qu'il ouvre le pli. — C'est bien, Fritz. (Celui-ci sort.)