‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 73 sur 105 · SCENE Vil · texte numérisé non relu

SCENE Vil

GEORGES, MADAME LESERRE.

M"" LESERRE, pendant que Georges, toujours très agité, arpente la scène. — N'es-tu pas trop dur à scn égard? Il est encore si jeune, un peu impatient, il est vrai, et colérique, mais ies Leserre sont tous ain.si.

GEORGES. — Il est surtout jaloux, têtu, injuste et méchant envers moi 11 ne veut pas comprendre le mal que je me donne —

Af"" LESERRE. — Malheureusement tu as dit devant lui que tu n'accepterais pas une place comme celle de Roulier. Moi je comprends maintenant poiarquoi tu n'en as pas voulu d'abord. Mais lui ne voit que notre détresse et n'est pas encore persuadé que tu fais tout ton possible pour que nous en sortions.

GEORGES — 11 le verra bientôt. Sera-t-il plus gentil alors? — Tout de même, après avoir trimé sur

les livres jusqu'à l'âge de vingt-trois ans au point de *c ruiner la santé, en être arrivé là! Loin de pouvoir ▼ivre sa vie et trouver une situation conforme à ses aspirations littéraires, à ses convictions les plus intimes, les pjus sacrées, ctie condamné à une existence aussi affreuse! Ah, misère! Misère! Misère! (Machinalement il a pris en main le livre de Wol^. Un temps.) Ah oui! Vers six heures Wolff viendra prendre ce livre. Je le mets ici sur la table.

M""" LESERRE. — Bien. (Elle oa à la cuisine. Georges reste un moment très triste. On frappe.)

GEORGES. — Entrez. (Jules paraît.)

Page 1