ACTE II
ce qu'il en coûte de ne pas être plus poli. Etc., etc. Car ce chapelet de méchancetés, on pourrait l'allonger à 1 infini — Et vous êtes tout surpris un beau matin qu'on a sournoisement abîmé votre réputation et qu'on vous joue le tour le plus — malpropre. La chose est arrivée à certains de mes collègues. — Enfin, ce Basseville, tu ne te figures pas quel antre d'envies et de haines, quel cloaque de lâches calomnies et de canailleries cela fait. Ah, pouah! — Et voilà le milieu que doit supporter un intellectuel, un homme qui déteste tout ce qui est vil, bas et laid, qui ne voudrait vivre que pour le beau, pour l'art, la poésie. — Et pourtant je m'y résignerais, si, à tout moment, je ne me prenais de querelle avec le directeur du pensionnat. Ce monsieur voudrait que tout fût permis aux huit gamins qui sont ses pensionnaires. Leur paresse et leur mauvaise conduite devraient rester impunies. — Et si l'un d'eux se plaignait à ses parents! Et si jamais on le retirait! Mais il serait ruiné, le pauvre homme! — Et moi, je me prêterais à cette comédie! Je supporterais qu'on trafique ainsi de l'enseignement! J a m a i s! — Et voilà pourquoi M. le directeur m'en veut et. . . » (Mécontente, elle hoche la tête et arrête sa lecture.) Il ne va pas se brouiller avec cet homme! S'il était remercié ...Ah! Ciel! — Et il n'est là qu'en attendant mieux. Qu'il prenne donc patience! — je vais lui écrire cela. (Elle prend dans le tiroir du papier à lettre et une enveloppe. Elle tousse.) Lui parler de ma m.aladie! Mais ça va mieux maintenant, grâce aux soins de Louis.
(Tout d'un coup, bruit à la porte. Elle se retourne vivement. Au fond entre Georges, le chapeau sur la tête et une valise à la main. La mère, on ne peut plus étonnée, se lève comme un ressort. Georges dépose la valise.)