‹ Théatre (volume 2)Chapitre 50 sur 166 · SCÈNE VIII DORANTE, SILVIA, PASQUIN · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII DORANTE, SILVIA, PASQUIN

PASQUIN

Ah ! te voilà , Bourguignon ? Mon portemanteau et toi, avez^vous été bien reçus ici ?

DORAmiB.

Il n'était pas possible qu'on nous reçût mal, monsieur.

PASQUIN

Un domestique là*bas m'a dit d'entrer ici, et qu'on allait avertir mon beau-père, qui était avec ma femme.

SILVU.

Vous voulez dire M. Orgon et sa fille sans doute , monsieur?

PASQUIN

Eh oui ! mon beau-père et ma femme, autant vaut; je viens pour épouser, et ils m'attendent pour être mariés, cela est convenu : il ne manque plus que la cérémonie, qui est une bagatelle.

SILVU.

C'est une bagatelle qui vaut bien la peine qu'on y pense.

PASQUIN

Oui ; mais, quand on y a pensé, on n'y pense plus.

SILVIA, bas, à Dorante.

Bourguignon, on est homme de mérite à boa marché chez vous, ce me semble ?

PASQUIN

Que dites-vous là h mon valet, la belle?

SILVIA

Ri^; je lui dis seulement que je vais faire descendre

Et pourquoi ne pas dire mon-beau-père, comme moi?

SILVIA

C'est qu'il ne Test pas encore.

DORANTE

Elle a raison, monsieur; le mariage n'est pas fait.

PÂSQUIN.

Eh bien , me voilà pour le faire.

DORANTS.

Attendez donc qu'il soit fait.

PASQUnf.

Pardi t voilà bien des façons pour un beau-^përe de la veille ou du lendemain.

SILVIA

En effet, quelle si grande différence y a-t-il entre être marié ou ne rétre pas r Oui, monsieur, nous avons tort, et je cours Informer votre beau-père de votre arrivée. '

PASQUIN

Et ma femme aussi, je vous prie. Mais, avant que de par* tir, dites-mof/fme chose : vous qui êtes si jolie, n'êtes-vous pas la soubrette de Thôtel?

SILVIA

Vous l'avez dit.

C'est fort bien fait, je m'en réjouis. Croyez-vous que je plaise ici? Comment me trouvez -vous?

SILVIA

Je vous trouve plaisant...

PASQUIN

Bon f tant mieux : entretenez-vous dans ce sentiment-là» il pourra trouver sa place.

SILVIA

Vous êtes bien modeste de vous en contenter. Mais je vous quitte: il faut qu'on ait oublié d'avertir votre beau-père, car assurément il serait venu; et j'y vais.

PASQUIN

Dites-lui que je l'attends avec affection.

SILVI4, à part.

Que le sort est bizarre! Aucun de ces deux hommes n'est à sa place.

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