‹ Théatre (volume 2)Chapitre 57 sur 166 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

PASQUIN, USETTB.

VASQUIN.

Ahl madame, sans lui, j'allais vous dire de beBes choses, et je n'en trouverai plus que de communes à cette heure, hormis

* Les comé d ien s ajoutent ordinaiiamentici un jea de seène assez plaisant. PasçuinappeUe Dorante, qui esl entré déjà dans la coulisse, et, par un siane, lui montre son èbapeau, qu'il a laissé tomlter. Dorante se renise à le ramaâser; alors Pasqnin l'y cmitraint pxt ob geste impéfieax» et Dorante, obligé de loi obéir pour ne pas se trahir, le lui rend; mais il profite do moment où Lisette tourne la tête d'un autre «ôté, et il donne à Pasquin un coup de pied " le d:fnère.

mon amour, qui est extraordinaire. Mais, à propos de mon amour, quand est-ce que le vôtre lui tiendra compagnie?

LISETTE

Il faut espérer que cela viendra.

PASC^UIN. ^

Et croyez-vous que cela vienne?

LISETTE

La question est vive: savez- vous bien que vous m'embarrassez ?

PASQUIN

Que voulez-vous 1 je brûle, et je crie au feu.

LISETTE

S'il m'était permif de m'expliquer si vite...

PASQUm.

Je suis du sentiment que vous le pouvez en conscience.

LISETTE

La retenue de mon sexe ne le veut pas.

PASQUIN

Ce n'est donc pas la retenue d'à présent, qui donne bien d'autres permissions.

LISETTE

Hais que demandez-vous ?

PASQUIN

Dites-moi un petit brin que vous m'aimez. Tenez, je vous aime, moi; faites l'écho, répétez, princesse.

LISETTE

Quel insatiable! Eh bien, monsieur, je vous aime.

PASQUIN

Eh bien, madame, je me meurs ; mon bonheur me confond, j'ai peur d'en courir les champs; vous m'aimez, cela est admirable!

LISETTE

l'aurais lieu à mon tour d'être étonnée de la promptitude de votre hommage; peut-être m'aimerez-vous moins quand nous nous connaîtrons mieux.

PASQUIN

Ah! madame, quand nous en serons là, j'y perdrai beau- i^ coup; il y aura bien à décompter. . . *.

Vous me croyez plus de qualités que je n'en ai.

90 THÉÂTRE DE MAMViiUX.

Et voQ», madame, Tons ne savez pasIesnicaMS, atje hd devrais vous parler qu'à getteux.

Souvenez-vous qu'on n'est pas les maîtres de son sort.

PASQVIN.

Les pères et mères font tout à leur tête.

USBVTS.

Pour moi, mon cœur vous aurait choisi, dans queJepie état que vous eussiez été.

Il a beati jeu pour me ctcisst encore.

LISGTTS.

Puis-je me flatter que vem êtes de même à mon égard?

»A9Q1Tniw

y Hélas t quand vous ne seriez que Perretle ou Margot, quand V^ je vous aurais vue» le martinet à la nmin» deMiondreà la cave, vous auriez toujours été lûa. princesse.

Lisette/ .*. k., v" ,."• V <. ^^ Puissent de si beaux sentiments être duFabtos t

^ PASaUIN.

J j Pour les fortifier de part et d^autre, iurons-nous de nous / * v*' aimer toujours, en dépit de tontes les fautes d'orthographe i î " ^ que vous aurez faites sur nxm isompte.

LISETTE

J'ai plus d'intérêt à ce8erment4à que voai> etjete fiiis de tout mon cœur.

PASQUIN, M arettaat à géÊots^

Votre bonté m'éblouit, et je me prosterne devant elle.

USETTB.

Arrêtez-vous I je ne saurais vous sooilTrir d«ns<^tle yiosture^ là; je serais ridicule de Vous y laisser, levez-vote. VidiiÀ encore quelqu'un.

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